vendredi 16 décembre 2011

« MES » ANNEES STRANGE

Certains l’ont peut-être déjà aperçu dans les rayons des supermarchés du loisir, mais un livre baptisé « Nos Années Strange » vient de paraître aux éditions Flammarion. Co-écrit par le type qui a déjà pondu « Nos Jouets des années 70-80 », qui est une idée on ne peut plus simple, à savoir flasher puis mettre en page sa propre collection de jouets d’époque, ou celle des autres mieux lotis, il remet ça avec quasiment le même concept mais sur les Strange. La prochaine fois, il nous sortira sans doute un bouquin sur les vieux ordinateurs ou la limonade...
On peut dire qu’il a bien senti le filon de la nostalgie des trentenaires/quadragénaires français celui-là et il a bien raison de l’exploiter. Comme je l’ai déjà dit, le présent étant tellement moche, et l’avenir sans doute pire, on ne peut que replonger aux racines du passé, notre âge d’or. A moins de s’appeler Cosette ou Jacquou Le Croquant, on a tous eu une enfance plutôt heureuse et une envie dans la tête de revenir à ces jours insouciants.
Préfacé par Alexandre Astier, un type connu paraît-il mais dont je n’avais jamais entendu parler avant d’attaquer la rédaction de cet article (il faut dire que je ne regarde pas la télé), ce bouquin se propose de nous replonger dans cette époque bénie où les BD à dos jaune de l’éditeur lyonnais Lug envahissaient les chambres des enfants mâles d’il y a plus de trente ans, puis par extension, leurs cartables et autres cases sous leurs pupitres scolaires. C’est presque obligé, si vous êtes un garçon né pendant les années 70, alors vous avez forcément lu au moins une de ces BD portant les noms, désormais légendaires, de Strange, Special Strange, Nova, Spidey, Titans etc.

Lors de l’une de mes dernières virées en date dans un de ces magasins qui me fait de plus en plus gerber, et dans lequel je n’achète d’ailleurs plus rien depuis des années, j’ai pris un peu de temps pour pouvoir feuilleter ce bouquin, jouant sans le vouloir les parasites de la Fnac.
Mouais. Je n’ai pas appris grand-chose. Le livre est sympa, bien présenté, agréable, mêlant habilement vieux merchandising afin de nous rappeler qu’il existe un autre livre sur le sujet n’attendant que d’être acheté, mais il s’adresse surtout à des gens qui ont eu moins de dix Strange dans leur vie. Le type qui a poussé et vécu avec, les a collectionnés pendant des années et lus des milliers de fois n’apprendra rien de plus que ce qu’il sait déjà. Je crois qu’il s’adresse essentiellement à une certaine catégorie de gens se disant « nostalgiques » de leur enfance mais qui, en réalité, ne le sont pas. Et ça ne manque pas aujourd’hui. Dans la frange 25/40 ans, il y a une mode en ce moment, une attitude, très hipster en plus, qui consiste à glorifier son enfance mais de manière très superficielle et avec beaucoup de modernité dedans. On écoute de la musique 8bits mais faite avec un gros matos numérique dernier cri et sans avoir écouté un seul album des précurseurs de la chose fin 60 début 70’s. On porte des T-shirts « Space Invaders » alors qu’on n’a jamais joué plus de 5mn sur le jeu d’origine parce que trop gonflant. On voue un culte aux vieux dessins animés japonais alors qu’on était privé de les regarder par ses parents. On achète des meubles en plastique orange des années 70 à prix d’or parce que c’est trop laid… Ils ne sont pas nostalgiques mais juste amateurs d’un truc qu’ils n’ont pas connu, ou très peu, et qu’ils auraient (peut-être) aimé connaître. J’en ai pas mal croisé dans ma vie de ces individus.
Un peu de vécu à ce propos. Vous avez un entretien d’embauche avec un rédacteur en chef d’un magazine pour jeunes fans de manga et ce genre de machins. Le type a votre âge en gros, un peu plus même. Au détour d’un coup d’œil, vous voyez sur son bureau un jouet Goldorak. Vous vous dites :

- Chouette ! Un fan !

Vous sentez des atomes crochus. C’est bon ça dans un entretien. Alors vous commencez à le brancher dessus, au détour d’une réponse, avec un sourire complice. Il vous répond enthousiaste qu’il adorait Goldorak étant gosse, que c’était super, qu’il regardait tous les épisodes, qu'il achetait les revues blablabla. Cool ! Vous pensez avoir en face de vous un bon gros fan comme vous. Mais au bout de quelques questions bateau et d’échanges de souvenirs, vous vous apercevez qu’il n’y connaît rien du tout ! Et ce ne sont même pas des questions compliquées que vous lui posez, que seul un pur et dur pourrait répondre, non. Vous constatez simplement qu’à part Actarus, Alcor et quelques noms d’armes fameuses du robot de l’espace, c’est le bide.

- Ah oui, la copine d’Actarus là, euh… Nausicaa, c’est ça ?
- Hydargos ? Ça me dit rien…
- Minos ? C’est celui qui a une p’tite bonne femme dans la tête non ?

Sont-ils nostalgiques de Goldorak ou tout simplement d’une période révolue de leur vie où ils n’avaient pas de responsabilités et, finalement, étaient libres ? Goldorak faisait partie de ce moment et ils en sont fans au même titre qu’ils sont fans des Pépito qu’ils bouffaient en le regardant à la télé. C’est juste un repère pour eux, une vision très romantique, mais floue, de leur vie passée qu'ils ont déjà à moitié oublié, et à laquelle on mêle du matérialisme dernier cri, parce que ça fera toujours plaisir de s’acheter un Goldorak 30 ans après, même si on ignore les noms de la plupart de ses armes. Et puis c’est la mode et les copains/copines vont trouver ça « trop cool » quand ils le verront lors de la prochaine invit’…
Il faut bien faire la différence avec tous ces gens. On en croise pas mal sur les forums à tendance vieux cons, forums qui sont de véritables ghettos soi-dit en passant. Ils sont là par hasard et, souvent, par erreur. Certains disent même qu’ils aiment les vieux trucs parce que « ça les fait délirer ! » On sent le côté péjoratif, comprendre :

- Wouah, c’est complètement ringard, j’adore !

J’ai horreur de ces gens-là. Par chance, ils ne restent pas longtemps. Ça les gave très vite, et comme ils n'ont rien à échanger question souvenirs et vécu, ils s'en vont assez rapidement. Il n’y a aucun élitisme snob de ma part dans ces propos ou une volonté de fanatique débile voulant garder ça pour lui. J’ai toujours fait le maximum pour partager ce que j’aimais. Mais ces saisonniers m’agacent. Nostalgique à temps plein, c’est un métier.

Ce « Strange pour les nuls » est une gentille attention pour quelqu’un qui n’a eu que quelques numéros dans sa vie, comme ça, par hasard, ou qui a lu/vu ceux des autres, rapidement, et qui en garde un souvenir doré, ou qui en a entendu parler, mais certainement pas pour le fan qui les connaît sur le bout des doigts. Il est surtout destiné à ceux qui ont manqué l’époque Strange je crois et qui voudraient rattraper ça, comme l’histoire que j’avais racontée sur l’un de mes potes qui loupait régulièrement Capitaine Flam étant plus jeune et qui s’était payé l’intégral en DVD 25 ans plus tard par vengeance. Ceux-là achèteront ce livre un peu dans les mêmes conditions, liront ses pages et, une fois refermé (pour de bon car ils ne le rouvriront jamais, comme tous ces bouquins), se diront qu’ils ont lu tous les Strange et C°.
J’ai vécu plus de quinze ans entouré des BD des éditions Lug. Chaque mois m'apportait ma dose de super-héros made in America. Des centaines de ces livres trônaient chez moi, classés dans ma bibliothèque. Les tranches blanches (parfois jaunes pour les plus anciens) n’attendaient que mes mains de pianiste pour que j’en prenne un paquet de dix d’un coup afin de les lire et les relire, gravant inlassablement dans ma mémoire leurs dessins, leurs dialogues, leurs moments, et toujours avec une joie renouvelée. J’en avais tellement. C’était probablement mon bien le plus précieux vers la fin des années 80. J’ai stoppé en 1994 puis tout revendu en 97 pour payer mes factures. Heureusement, j’ai depuis tout retrouvé en scans, et même les numéros que je n’avais pas, bien que je dois admettre que lire des BD sur un écran (moniteur ou tablette), c'est moche et ça ne remplacera jamais une version papier.
Ces bouquins, c’était aussi une période de partage et d’amitié. De 1984 à 1986, avec mon meilleur ami de l’époque, tout aussi intoxiqué que moi en guignols mettant leur slip par-dessus leurs vêtements, nous nous étions aperçu de quelque chose. Même si nous n’avions pourtant pas de raisons de nous plaindre question générosité parentale sur l'argent de poche, nous ne pouvions pas tout acheter. Et c’était encore plus idiot d’acheter la même chose chacun de son côté. Alors nous nous mîmes d’accord et nous fîmes des choix. J’achetais Titans, Special Strange, Special Origines Strange ainsi que les albums des X-Men et lui se chargeait des Strange, Spidey et Nova, plus les albums de l’Araignée. Et nous nous les prêtions. Bien évidemment, nous péchions parfois encore question doublons lorsque nous voulions bien à nous un numéro comportant une aventure vraiment bonne ou autre. Il y eut aussi quelques petites anicroches. Ma mémoire de mutant ne peut oublier ce Spidey N°60 qu’il m’a endormi et sa mauvaise foi, lorsque mon amnésie s'estompa, en me jurant que c’était le sien et qu’il l’avait acheté lui-même. Mais non. C’était le mien, acheté un mois plus tôt et prêté le jour même puis oublié. L’amitié, c’est comme le mariage, il y a toujours des coups de canif dans le contrat, de petites mesquineries et énormément d’hypocrisie.
Mais dans l’ensemble, ce fut une bonne entente démocratique. Chacun avait sa p’tite collec’ et l'un ou l'autre piochait dedans selon l’envie. L’été 85 fut particulièrement ensoleillé à ce sujet avec une orgie de BD suite à des circonstances assez particulières. On avait tout ou presque. Le problème vint lorsque nos chemins se sont séparés. Les envies de relire certains bouquins se sont faites chez moi et ont dû sans nul doute se faire aussi chez lui.

Ayant déjà le bagage culturel et mémoriel d’origine sur le sujet, « Nos Années Strange » est donc totalement inutile pour moi. Mais ce livre m’a donné l’idée d’écrire un billet à ce propos avec « MES » années Strange. A moi ! C’est pas tellement plus passionnant mais, au moins, c’est gratuit.


Strange

Le titre le plus connu, on en a tous eu au moins un, sans doute de par son accroche : « le journal de Spider-Man » et comme l’Araignée passait régulièrement en dessins-animés à la télé…
Mon premier numéro fut le 122, datant de février 1980. Il y eut un flash chez moi à sa lecture, en particulier sur Iron Man, alors en plein état de grâce de par son scénariste et son dessinateur/encreur. Je m’en fis acheter deux ou trois autres la même année mais je ne commençais véritablement la collection qu’à partir du N°133, de janvier 1981.


Je m’en souviens encore de cet achat. J’étais malade ce jour là, une angine ou quelque chose dans le genre. J’avais été patraque toute la matinée en cours et, le midi, en rentrant pour bouffer mes nouilles aux spaghettis, ma mère décida de me faire sécher l’école l’après-midi pour me conduire chez le toubib. En sortant de chez lui, direction la pharmacie pour acheter les médocs (pas de suppos svp !), puis le libraire du coin, une sorte de récompense de ma mère, histoire d’offrir un réconfort à son petit garçon tout malade… Malgré la fièvre, j’avais les idées claires et je me fis payer ce Strange 133 et l’album de l’Araignée Aux Jeux Olympiques d’Hiver (on reviendra dessus plus bas). Ça faisait quand même près de 20 balles tout ça. Un don digne d’un roi ! On devrait être malade plus souvent !
J’estime avoir été verni de lire Strange à cette époque car toutes les séries étaient vraiment bonnes. Daredevil, bien que largement censuré par Lug parce que trop glauque et violent, évoluait sous les traits de Gil Kane, Klaus Janson ou de Gene Colan. Des génies purs. Puis Frank Miller arriva et fit de DD la légende que l’on sait, apportant encore plus de violence et de situations limites, surtout pour un bouquin destiné à des gamins. Il ne fallait pas trop rigoler avec la loi là-dessus et certains passages de Daredevil à cette période ont dû donner bien des maux de tête à Lug tant cela devait être compliqué de censurer des passages entiers sans que l’histoire n’en souffre. Et cela ne suffisait pas toujours. Jamais je n’oublierai cet épisode où Matt Murdock, presque fou, déterre Elektra de son cercueil en pleine nuit pour s’assurer qu’elle est bel et bien morte !


Iron Man, lui, passa de l’industriel playboy républicain limite McCartiste, un avatar qu’il semble avoir repris ces dernières années, à une épave alcoolisée en proie à des doutes et à une piètre estime de lui-même. Les dessins de Romita Jr., associé à Layton, furent magnifiques, avec un côté technologique très fort, et marquèrent à vie les lecteurs. L’armure rouge et or qu’avait notre tête de fer à ce moment-là reste à l’heure actuelle la plus connue et la plus plébiscitée par les fans et le coup des armures différentes suivant la situation vient de cette période.


L’Araignée, lui, n’avait pas évolué depuis la fin des années 60. John Romita, Sr. avait tellement donné ses lettres de noblesse au tisseur que tous les dessinateurs suivants ne firent que de la copie de ce style. Jusqu’au milieu des années 80, Peter Parker se baladait encore avec la même coupe de cheveux. Il faudra attendre la fin des années 80 pour que Todd McFarlane change tout ça et ramone le personnage en profondeur avec le succès que l’on sait, même si relire ces épisodes désormais font tiquer tant ils ont mal vieilli alors que ceux de Romita ne dérangent pas. C’est le problème de coller à son époque question look. Parker avec quasiment la mulet et Mary-Jane habillée en pute fashion avec pantalon fuseau et losanges roses un peu partout, hum…


Autre cadeau apporté par le hasard dans ce N°133 : le premier épisode de Rom, le chevalier de l’espace ! Série commandée à Marvel par la marque de jeu Parker, afin de lancer un jouet électronique du même nom et qui fit un bide monumental question ventes, mais quand on voit le jouet en lui-même, cela n’est guère étonnant. La série, elle, fut un grand succès aux USA, ce qui est ironique finalement. Rom me marqua profondément de par son côté robotique évidemment mais également par le glauque de ses aventures et ce, malgré les grands coups de ciseau de la censure Lug. Lire la VO des années après m’a presque choqué. Rom chassait les Spectres Noirs (dire wraiths), ces extraterrestres belliqueux et qui prennent la forme qu’ils veulent afin de se fondre dans la masse. Rom ne les tuait pas mais les bannissait dans les limbes avec son neutraliseur, qui donnait pourtant l’impression de les désintégrer sur place. On peut dire que l’histoire récente des Skrulls remplaçant les super-héros sur Terre n’était pas très originale car c’est quasiment la même que celle de Rom.


Strange évolua discrètement. Il perdit sa couverture pelliculée lavable puis changea de taille, ce qui, pour un collectionneur, n’est jamais très agréable. Les montagnes russes dans une bibliothèque, ce n’est pas très esthétique. Et bien évidemment, puisque c’était là le but principal, le prix aussi prit de la hauteur…
Nous ne vîmes jamais la fin de Rom, jugée trop violente. Et puis ce ne fut qu’un bien car Steve Ditko termina la saga et son trait chaotique ne convenait absolument pas à des robots plutôt carrés. Daredevil fut tronçonné en demi-épisodes. Ça, plus la censure, ça faisait beaucoup. Iron Man perdit de sa superbe en changeant de dessinateur au moment même où il sombra totalement dans la bouteille façon Sue Ellen. On sentait qu’une époque était passée. Pire, il fut « déporté » dans Nova.
La Division Alpha débarqua fin 84. Ce pendant canadien des X-Men regonfla mon intérêt pour le magazine. Fantastique au début sous le trait de John Byrne, la Division ne tarda pas à s’embourber dans le sirop d'érable lorsque l’ami John passa la main. Cela devint juste des sous X-Men.
Après que Strange ait dépassé les 200 numéros, j’ai commencé à le louper volontairement. Je le lisais toujours de par mon meilleur ami de l’époque, mais ce n’était plus pareil. J’avais d’autres priorités.



Spidey

Spidey fut lancé en 1979 pour répondre à la nouvelle génération, la mienne, qui découvrait Spider-Man de par la télé et son dessin animé 60's, mais aussi au cinéma. La fin 70’s fut riche en films (bien nazes) sur les super-héros (Superman, Hulk, Captain America etc.) Mon premier Spidey fut sans doute le N°5 datant de janvier 1980 et je me mis à l’acheter à chaque fois à partir du N°7 datant de juillet de la même année.


Trimestriel vendu dans ses premiers numéros avec des planches d’autocollants, truffé de jeux façon Pif Gadget, le magazine était volontairement enfantin. Les histoires de Spider-Man ou de la Torche, parfois réalisées par le studio Lug lui-même, et surtout par Jean-Yves Mitton (on reviendra sur lui plus bas), étaient extrêmement basiques et simplistes pour ne pas dire simplettes. Quand je les relis maintenant, j’ai mal. Mais quand vous avez 7/8 ans…


A ce propos, Lug ne s’amusa pas longtemps à produire ses propres histoires de cette manière car c’était bien peu lucratif. En effet, il fallait payer Marvel pour utiliser les droits mais également leur filer l’épisode à la sortie qui devenait ainsi leur propriété ! C’était payer pour travailler.
Par chance, Spidey grandit en même temps que nous. Devenu mensuel à partir du N°8, il entama sa puberté avec le N°17 en publiant dans ses pages les X-Men, les premiers datant des années 60. En fait, c’était une réédition. Les plus vieux lecteurs avaient lu ces mêmes aventures dans Strange au tout début des années 70. Pour les noobs dans mon genre, c’était du pain béni ! Special Strange proposait les Nouveaux X-Men et Spidey, les anciens. Comment vouliez-vous échapper aux mutants avec un tel matraquage ?


Les années passant, on vit débarquer une autre série qui me remplit de joie : « What if ? » Les fameux « Et si… ? » On réécrivait les histoires Marvel les plus fameuses avec des fins différentes. C’était quelque chose que j’avais toujours apprécié. Et si… oncle Ben n’était pas mort ? Et si… Captain America n’avait pas disparu pendant la guerre ? Et si… Chloé Vévrier était plate ?... Malgré leur brièveté et, souvent, leurs dessinateurs de seconde zone, certains furent dévorées des milliers de fois par mes jeunes yeux, comme « Et Si… Phénix n’était pas morte ? » pour des raisons évidentes.


Spidey accueillit également d’autres séries, pas toujours avec bonheur, des sagas chiantes comme Crystar, des épisodes de l’Araignée, Rom ou de la Chose avec quelques guests stars en plus, Photonik, excellente série made in France, que je relis encore aujourd’hui avec beaucoup de plaisir, les Guerres Secrètes, qui démarrèrent durant l’été 85, et enfin Puissance 4 (Power Pack en vo), les aventures de quatre gamins à qui un extraterrestre mourant fait cadeau de pouvoirs. Merci Spielberg hein… Pffff… Finalement, on revenait aux fondements de Spidey : des trucs pour les gosses.
J’arrêtais définitivement Spidey en 1987 en voyant débarquer L’Escadron Suprême, équipe de nazes entièrement pompés sur les héros de DC, et surtout Facteur X et l’atroce résurrection commerciale de Jean Grey qui me scandalisa. C’était de trop pour moi.
Un truc marrant pour finir, et que je trimbale depuis des années, c’est un Spidey que lit Michel Blanc dans le film Viens Chez Moi J’habite Chez Une Copine, lorsqu’il dort dans la camionnette en attendant que Giraudeau finisse de tromper sa femme avec Christine Dejoux (la Francine de La Soupe Aux Choux)… Il lit le Spidey N°7, page 37.



Nova

Quiconque aimait les Quatre Fantastiques devait lire Nova vu que c’était un peu leur magazine. Il le devint totalement avec deux épisodes à la suite à partir du N°63. Difficile de leur échapper.
Mon premier Nova fut le N°28. Je n’ai pas connu la formule initiale, avec le dit Nova et un épisode du Surfer D’Argent, parfois dessiné là encore par Jean-Yves Mitton qui essayait, avec succès d’ailleurs, d’imiter le style de Kirby. J’en eus quelques autres par la suite mais celui qui me marqua beaucoup plus fut le N°37 puisque je me le fis payer pour un voyage en train. Pendant plus de deux heures, rien à faire, sauf attendre ! J’ai toujours eu horreur des voyages à cause de ça, ne rien faire, n’avoir rien à faire, attendre que ça se passe, assis sur son cul. Certains supportent ça sans problème, moi non. Déjà 20mn assis dans le métro, ça me gave alors plusieurs heures, pensez donc.
Donc, rien à foutre, sauf à lire et relire et rerelire et rererelire le même Nova. A force, ça marque. L’aventure de l’Araignée, transformé en lézard, me hanta longuement.


Nova devint une de mes bibles de par son format pratique mais aussi son prix, c’était le moins cher de tous, c’était plus facile à se faire payer, et parfois même avec un autre bouquin en plus, aha ! Les aventures de Spider-Man dedans étaient plus simples, plus courtes, beaucoup plus axées sur les bagarres que celles de Strange, et accueillaient plus de dessinateurs différents. Quand j’y repense maintenant, j’ai de suite les souvenirs de voir notre tisseur se friter contre Belladonna, le Rodeur ou le Vautour.


Spider-Woman débarqua dans le N°34. Ce qui pouvait n’être qu’une simple histoire d’ « Araignée » avec des nichons devint plus que ça. Décalée, bizarre, avec des ennemis souvent inclassables (Frère Grimm, la fée Morgane, le Suaire), Spider-Woman, sous le trait de Carmine Infantino, devint l’une de mes séries préférées et me marqua profondément. Cette super-héroïne se classa chez moi juste derrière Phoenix question popularité. La belle est revenue sur le devant de la scène avec Civil Wars et avec toujours le même costume, plus de trente après. Il y a des choses auxquelles il ne faut pas toucher.


Je finissais par les Fantastiques, affrontant toujours des monstres géants (un classique chez eux) ou leurs ennemis récurrents, comme Namor, Fatalis, Galactus… C’était assez répétitif finalement. Plus tard, Nova changea. Spider-Woman disparut laissant sa place à Iron Man qui était mal dessiné à ce moment là. Une seule chose continuait à me faire lire Nova, et c’est assez paradoxal : les Quatre Fantastiques ! Il faut dire que John Byrne les avait repris en main et leur donna des histoires qui, vraiment, nous changeaient de leurs traditionnelles bastons.
A noter que Nova fut le moins cher et le plus petit des magazines Lug pour finalement terminé comme l’un des plus chers et avec le plus grand format. Absurdité des choses…



Special Strange

Accro aux X-Men, Special Strange devint très rapidement ma bible pendant de longues années et un supplice permanent tant l’attente pour le lire était pénible. Longtemps trimestriel et parfois plus, puisqu’il fallait attendre 4 mois, de août à décembre, pour avoir la suite de nos aventures, les lecteurs français avaient, en plus d’une sorte de haine lasse à force d’attendre, un retard considérable par rapport à la publication américaine. On a toujours été à la traîne de tout dans ce pays…
Mon premier Special Strange, acheté au hasard, fut le N°20, datant de juin 1980. J’en garde un souvenir mémorable. Tout était bon dedans. La couverture me fait encore quelque chose aujourd'hui. Une sorte de bonheur lointain. Evidemment, plus de trente ans après, je ne garde que les X-Men dedans. Le reste a trop mal vieilli, en particulier l’aventure de l’Araignée, même si j’aime cette période, lorsqu’il se frittait encore contre des ringards mafieux en costard de maquereaux avec des borsalinos. L’influence de Stan Lee perdurait encore.


Je retrouvais par la suite Special Strange par hasard, lors d’une journée entière à l’école primaire passée dans la cour. C’était les derniers jours d’école, juin 81, et la maîtresse n’était pas là. Assis par terre sous le préau, un type d’une autre classe avait amené ses bouquins, dont des Strange et le Special Strange 23 sorti au début de l’année. Un petit tas de garçons se fit rapidement autour de lui. Comme ces bouquins étaient fédérateurs ! La couverture de ce N°23 en jetait, on ne remerciera jamais assez Jean Frisano pour son travail durant toutes ces années sur les revues Lug avec ses peintures qui donnaient une touche artistique à tous ces clowns en collants. Je crois que c’est devant cette couv’ que j’ai décidé d’en racheter et ce fut le N°25, d’août 1981, qui me servit de détonateur. Les X-Men étaient à leur apogée et cela ne faisait que commencer. J’entrais sans le savoir dans une époque glorieuse pour les X-Men et probablement la plus belle de toutes. Avec le trio Claremont au scénario, Byrne aux dessins et Austin à l’encrage, les X-Men me marquèrent à vie de par leurs aventures où se mêlaient sacrifice, noblesse, puissance incommensurable et rejet. C’était également le grand retour de Phoenix parmi ses amis mutants et le début de sa déchéance. Comme je l’ai déjà écrit ici, j’ai dévoré la saga de Phoenix qui se termina en août 1983 par sa mort. Je ne suis pas un peu fier d’avoir vécu « en direct » ces grandes heures.


Une fois de plus, l’Araignée était encore présent dans ce magazine mais offrait une aventure complète en binôme avec un autre super-héros, ce qui permettait de s’aérer l’œil de tout ce rouge et bleu. Les histoires ne cassaient pas trois pattes à un canard par contre mais qu’importe, c’était distrayant. Et suivant le héros en sus, ça pouvait même être fendard, la preuve :


Enfin, Special Strange se terminait par un épisode de La Chose. Personnage ayant une énorme cote de sympathie auprès des lecteurs, truc que je n’ai jamais bien compris. Cet épisode fut pendant longtemps le point faible de Special Strange, avec des histoires miteuses et des dessins effroyables. Il arriva que cela bascule complètement lorsque des dessinateurs confirmés remplacèrent les tâcherons habituels, comme ce fut le cas avec le Pegasus Project (voir ici).
De par ses X-Men, Special Strange devint ma priorité et je me mis en tête de compléter ma collection du mieux possible. En 1986, je répondis à quelques annonces trouvées dans Pif Gadget de particuliers vendant leur collection. Je dégottais un type habitant Nantes qui cédait la sienne à un prix convenable. Contact à l’ancienne donc, par lettre pour commencer, puis par téléphone (très rapidement car la province, ça coûtait cher à l’époque), discussion, accord. Hélas, je n’avais pas beaucoup d’argent et je ne pus qu’acquérir qu’une vingtaine de numéros pour 200 balles en gros. Mais quand même ! Je me revois encore ouvrir le colis et découvrir les précieux numéros. C’était Noël !
Ma collection de Special Strange démarrait à partir du N°8, puis passait au 12 et après, je les avais tous. Une collection assez « gruyère », avec des trous donc, mais les premiers numéros étaient rares et donc, très cher. Je n’avais pas les moyens et puis, quel intérêt ? Les X-Men ne débarquèrent dans le magazine qu’à partir du N°6, avant, c’était Les Fantastiques, l’Araignée, la Torche ou la Chose. Ma priorité était les X-Men, le reste, rien à foutre ! De plus, je pus réaliser mon fantasme ultime : posséder le Special Strange N°12, celui où Phoenix apparaissait pour la première fois, et cette fois-ci, je l’avais ! Bien à moi ! Un moment inoubliable.


Titans

Titans fut l’un des magazines qui connut le plus de changements et de séries au cours de sa (longue) carrière. Après avoir publié des aventures curieuses, et pas toujours très réussies (Wulf Le Barbare, Doc Savage, Les Champions, Les Gardiens de La Galaxie etc.), Titans commença à se faire un nom en publiant, à partir du N°18, et ce, pendant des années, la « Guerre Des Etoiles » comme on disait encore à ce moment-là. Les aventures dessinées du bouseux Skywalker et de ses copains robots/rebelles, souvent bien dessinées (merci Carmine Infantino), et parfois largement lisibles, tombaient toujours à plat lorsque le film suivant sortait. Et maintenant, avec les trois autres films, c’est encore pire. Ça reste le témoignage d’une époque.



Quand j’ai pris Titans en marche, sans doute avec le N°29, et bien poussé par un type dans ma classe en CM1 qui avait amené de précédents exemplaires, je lisais les dernières aventures de Captain Marvel, qui ne me branchaient guère, trop bizarres, trop adultes surtout, et aussi d’Iron Fist, dont j’ai déjà tout dit ici. Un autre truc que j’adorais était les Envahisseurs. Des super-héros patriotiques bien clichés qui se battaient contre de méchants nazis encore plus clichés. Il était conseillé de laisser sa cervelle au vestiaire avant de lire ça.
Puis Machine Man de Kirby débarqua, et je l’aimais bien même s’il ne tarda pas à me gonfler avec ses lamentations existentielles. Et puis Ditko le reprit en main, avec les conséquences que vous imaginez. Titans prit un coup de jeune en devant mensuel à partir du N°36 et en accueillant presqu’en même temps dans ses pages l’un des rescapés de Mustang, magazine 100% français édité par Lug et qui proposait des comics made in France. Deux dessinateurs se firent remarquer, Jean-Yves Mitton avec son Mikros et Cyrus Tota avec Photonik. Après l’arrêt de Mustang faute de ventes, les deux séries furent dispatchées dans les revues phares de Lug. Mikros fut casé dans Titans et Photonik dans Spidey. Ces deux séries prouvèrent que les p’tits Français pouvaient faire aussi bien que les grosses productions américaines, avec des séries captivantes et un trait plus que respectable mêlant BD européenne et comics ricain. J’eus un vrai coup de cœur pour les deux, avec peut-être une légère préférence pour Mikros à ce moment-là, en particulier grâce à la saga du Psi qui me passionna. Mitton fut véritablement un élément indispensable chez Lug. Sa vitesse de travail hallucinante lui permettait de livrer chaque mois des épisodes complets de ses séries, mais aussi des autres (il pondit plusieurs histoires de Photonik) sans parler des centaines de couvertures qu’il dessina pour eux, mettant peu à peu Jean Frisano sur la touche.


Dazzler arriva un peu à la même période, c’était une histoire de mutante pour filles. Une série assez gentillette, au début, mais qui nous réserva de beaux moments. On la vit battre l’Enchanteresse, tenir tête à Fatalis, devenir l’instrument de Galactus pour aller chercher dans un trou noir (rien que ça !) son ancien héraut Terrax, se friter contre L’Homme Absorbant et surtout Malicia (Rogue) qui en fit son ennemie perso pendant longtemps, donnant lieu à des crêpages de chignons assez maousses entre mutantes. Pas mal pour une pouf disco montée sur patins à roulettes ! Les X-Men lui donneront une autre stature par la suite.


Les Nouveaux Mutants furent un morceau de choix. Arrivés fin 83 dans Titans N°59, c’était une façon de nous refaire le coup des X-Men des années 60 vingt ans plus tard. Mêmes costumes d’époque, même professeur et mêmes élèves plus que paumés et tourmentés. Mais cette fois-ci, on larguait les braves petits gars ricains pour constituer une équipe, disons plus... "Benetton"! Jugez par vous-mêmes: une écossaise hyper coincée, une boat people, une indienne révoltée, un brésilien puant de prétention... Le côté psychologique était donc très fort. La série ne tarda pas à me fatiguer et je ne compris pas le changement de dessinateur en 1985 lorsque Bill Sienkiewicz reprit la série en main. Choix extrêment risqué et que les huiles de Marvel (Di$ney?) ne retenteraient certainement pas de nos jours. Il était clair que de passer des dessins plus ou moins clairs à ceux de ce type dérouteraient nombre de fans, dont moi. Idiot que j’étais. Son trait était trop adulte pour mes yeux d’ado alors que je vois très clairement, désormais, qu'il a un réel talent et son style bien à lui chose très rare.


Inépuisable, Jean-Yves Mitton continua ses séries après avoir mis fin à celle de Mikros, qui commençait à devenir de plus en plus n’importe quoi il faut bien le dire. Il y eut Epsilon, sorte de suite de Mikros mais en version complexe d’Œdipe, puis Kronos, beaucoup plus courte, plus bizarre aussi, et qui ne me passionna guère.
Une série mettant en scène la Vision et la Sorcière Rouge s’inséra dans les pages de Titans et me fit mensuellement lever les yeux au ciel tant c’était con et mielleux. Une mutante et un robot qui tentent de jouer à Monsieur et Madame Tout-Le-Monde, franchement… Puis Les Vengeurs de la Côte Ouest entrèrent en scène et bonjour les aventures bourrinnes et surtout connes ! Des histoires de Vengeurs quoi… Malgré la reprise en main de la série par Byrne, il y eut des périodes assez... curieuses ! Les Vengeurs Des Grands Lacs par exemple, équipe bâtarde montée par Oeil De Faucon à l'aide de phénomènes de foire plus que de héros, en était un exemple assez frappant.
A ce moment-là, je ne lisais plus Titans que pour Excalibur, bien emmené par un Claremont qui semblait follement s'amuser avec cette équipe loufoque, et magnifiquement dessinée par Alan Davis. Ce dernier ne tarda pas à faire main basse sur le scénario avec une imagination débordante. Je le trouvais particulièrement bon lorsqu'il dessinait des personnages féminins. Son trait ne correspondait pas, par contre, à des héros masculins "durs" comme Wolverine, dont il dessina plusieurs aventures.
Malgré sa qualité, Excalibur laissa perplexe pourtant et je peux le comprendre. L'humour et la dérision n'ont que peu de place dans les comics. Il fallait prendre la série comme ce qu'elle était : de la fantaisie et du second degré pur. Cela n'empêcha pas pour certains personnages d'en sortir grandis, comme Kitty ou Diablo, des personnages plutôt secondaires chez les X-Men. Et puis, nous retrouvions une version de Phoenix en la personne de Rachel, qui put s'épanouir, et embellir, avec Davis, même si elle resta une pièce rapportée pour moi.


Lorsque je larguai Titans en 1994, Warlock squattait les pages de la revue avec ses délires cosmiques d’être omnipotent. On sortait juste de l'épopée de l'Infinity Gauntlet. Et même si Thanos était de la partie, c’était gonflant.


Special Origines Strange

Comme pour Spidey, la création de Special Origines Strange fut un choix opportuniste de Lug afin de satisfaire une nouvelle vague de lecteurs. Avides de super-héros, il nous fallait également le pourquoi et le comment de leurs pouvoirs. A croire que tout démarra lorsque je me mis à acheter le Strange N°133 puisque ce premier numéro sortit à la même date et partagea le même numéro mais « bis ».
Special Origines Strange, c’était un peu le Voici des super-héros, on apprenait tout sur eux… Leurs origines (souvent des losers au début) et l’accident radioactif ou cosmique qui leur donna leurs pouvoirs C’est là-dedans que je lus pour la première fois leurs premières fois… Les origines de Spider-Man, des Quatre Fantastiques, de Daredevil, Iron Man etc. C’est là que j’appris les bases du comics.
En plus de l’épisode originel, Lug prit l’habitude d’y ajouter à sa suite un épisode plus tardif et qui se terminait toujours par un suspense terriffiant. Je crus à un épisode à suivre et j’attendis donc le numéro suivant, trois mois plus tard, avec impatience. J’ai salement été déçu...


Le bouquin continua ainsi pendant longtemps, malgré le fait qu’il brûla ses cartouches assez vite en publiant de suite les origines de ses plus fameux héros. Il se compléta avec l’arrivée de fiches d’identité très détaillées sur les super-héros du monde Marvel ; fiches rapidement devenues obsolètes vu le mouvement incessant dans cet univers.

Une Aventure De L’Araignée

Ces albums étaient chers et je m’estime très chanceux d’en avoir eu autant. Mon premier fut L’Araignée Aux Jeux Olympiques D’Hiver comme je l’ai raconté plus haut, offert par ma mère, ce qui fut assez rare venant d’elle et c’est sans doute cela qui me marqua tant. Cet album, encore très années 70 dans son fond et sa forme, réunissait des personnages de choix, comme Hulk mais aussi L’Homme-Taupe.


Ces albums alternaient aventures inédites avec rééditions de la période 60’s de Spidey. Nous eûmes d’excellentes histoires, comme L’Infernal Equinox (merci Byrne !), une superbe rencontre entre Superman et Spider-Man et réussisant l’exploit d’y intégrer Hulk, Wonder Woman, Fatalis et le Parasite, La Veuve Et Le Samouraï ou La Reine Des Sorciers. Mais Lug largua rapidement ces inédits pour republier du Spidey en version Ditko et surtout Romita. Ça sentait le réchauffé. Malgré ça, je garde un grand souvenir de ces albums, encore une fois par des moments partagés. Encore un peu de vécu.
Mon pote, qui s’occupait de collectionner ces albums, se mit en tête de tous les avoir. Il me fit des avances assez pressantes pour me racheter à vil prix ceux que je possédais déjà. Hélas pour lui, il y a parfois des choses qui ne se vendent pas. Pas trop content, il chercha donc par ses propres moyens. Il dégotta dans notre ville un vieux bouquiniste qui avait ses arrivages réguliers de vieux Strange et assimilés et dont la boutique restera à jamais gravée dans ma mémoire. C’était un véritable bordel de livres. Il y en avait partout ! Vous voyez la salle de documentation dans Gaston Lagaffe ? Et bien c’était un peu ça. Des livres, des magazines, des revues, des pages déchirées, le tout empilé sur plusieurs mètres de hauteur, non pas rangé mais posé ou jeté n’importe où. On pouvait à peine avancer. Les murs étaient invisibles car cachés par les hauteurs de livres et la poussière servait de ciment à tout ça. La boutique, très peu éclairée, et dont le jour avait bien du mal à pénétrer tant la vitrine extérieur était encombrée mais surtout sale, sentait cette odeur caractéristique qu'exhale le vieux papier : entre le renfermé et le moisi. Quelques bacs à linges pleins à craquer permettaient de fouiller à la recherche de nouveautés mais il valait mieux carrément demander au vieux bonhomme pour savoir ce qu’il avait en stock. C’était pas tous les jours facile car il semblait avoir un problème de boisson, un petit bistrot était juste en face d’ailleurs et il semblait y passer tout son temps en attendant d’ouvrir sa boutique de merde. Quand il nous envoyait chier, c'est qu'il était bourré.
Un jour que nous étions là en train de creuser dans sa mine de papier à ciel ouvert, nous assistâmes en direct à une vente avec un client, un gars plus vieux que nous, sans doute 17/18 ans. Le type lui demanda s’il avait reçu ce qu’il voulait. Ça sentait la commande. Le vieux poivrot répondit par un sourire puis s’en alla dans l’arrière-boutique, en slalomant presque avec grâce entre les piles de livres. Il ouvrit une porte dont on n’avait même pas soupçonné l’existence dans ce bordel, entra dans l'obscur réduit et revint quelques secondes plus tard avec, à la main, une revue sous plastique. C’était le Spidey N°1 ! Neuf ! Comment, dans cet immonde taudis voué au recyclage, ou à l’incendie ravageur, pouvait se loger une telle perle ? Un tel trésor ? Mon pote, qui collectionnait les Spidey, n’avait pas encore à ce moment là ce premier numéro et bavait comme un porc devant cette icône. Le vieux indiqua son prix : 100frs. A prendre ou à laisser et il n’était pas question de négocier. A bien y réfléchir, c’était pas cher mais cette histoire date de 1985, ce qui fait que le Spidey en question avait 6 ans d’âge. Mais pour nous qui avions 13/14 ans, 100frs, c’était une vraie fortune et surtout pour une BD. Avec 100frs, on achetait le mois complet des éditions Lug chez le libraire. Le type hésita devant la somme, tergiversa, puis, trop envieux, l’acheta. Ça se termine toujours comme ça. Il sortit son gros billet marron et repartit avec son précieux bouquin.
Cette boutique cradingue et hallucinante nous servit essentiellement d’espoir. On n’y acheta pas grand-chose à vrai dire. Quelques albums de l’Araignée pour mon copain, un Special Strange ou deux pour moi. Bof ! Ce n’est pas là que nous avons constitué l’essentiel de nos collections, loin de là. Mais, lorsque nous nous y rendions, c’était toujours avec l’idée que nous allions y trouver un Graal. C’était ça qui nous excitait. Le « peut-être que… » et autre « on sait jamais ! »
Après que nos chemins se soient séparé mon pote et moi, j’ai oublié cette boutique puis les comics en eux-mêmes que j’ai définitivement arrêtés en 1994. A la fin des années 90, j’étais retourné sur les lieux, qui sont assez loin de chez moi. Juste pour la curiosité, histoire de voir si la boutique existait toujours. Et effectivement, elle était toujours là, toujours aussi bordélique, mais c’était fermé et pour de bon si j’en jugeais par le nombre de prospectus, lettres et autres courriers officiels sous la porte vitrée. Du papier en plus. Au début de l’année 2011, j’y suis passé par hasard. C’est désormais un taxiphone. Ils ont dû s’amuser à sortir tous les bouquins…
Ah, au fait, j’oubliais, si vous ne comprenez rien à l’album N°17, Echec Au Stratège, c’est normal. La deuxième partie de l’histoire démarre l’album. Cette méga couille me laissa perplexe à l’époque. Cela peut venir aussi bien de Lug que de l’imprimeur…


Une Aventure Des Fantastiques

Là aussi, albums chers et j’en ai eu beaucoup moins que l’Araignée, mais juste parce que les Fantastiques ont toujours eu un côté agaçant chez moi, très St-Bernard, avec quatre personnages hyper cliché. Mon jeune âge me fit préférer la Torche, forcément. Il brûle, il vole, il balance des flammes, comment résister ? Mais ça ne dura pas longtemps, il était trop « branleur »… Et les trois autres me gonflaient. C’est comme les Vengeurs, je n’ai jamais adhéré à ces groupes de bourrins. Les X-Men avaient ce côté mystérieux et des aventures vraiment uniques que n’ont jamais eu les autres.
Mon premier album des Quatre Fantastiques fut Le Maître De La Haine, en août 1982.


Ce fut mon bouquin de retour de vacances. Dans le train Corail, revenant de Bretagne, je dus patienter 4h avant le retour à la civilisation. Je lus (et relus donc) cette histoire stupide et déjà datée pour l’époque. A la fin, on découvrit la véritable identité de ce « Maître De La Haine » : Hitler ! Du moins, un clone d’Hitler. Je trouvais ça débile du haut de mes 9 ans et demi. Maintenant, c’est encore pire et c’est ce genre de truc qui contribue à alimenter le moulin des amateurs de conspirations sionistes et autres domination du monde par le lobby juif. Je ne crois pas que la politique a sa place dans des comics.


Albums X-Men

Complètement accro aux X-Men, mais malheureusement sous alimenté en aventures à cause de cette maudite attente trimestriel, j'accueillis ces albums à partir de 1983 avec gratitude et miracle même si leurs prix firent très mal au portemonnaie à l’époque. 20frs, il fallait les sortir. Par chance, mon père regardait à peine le prix de ce que je choisissais en livre.
Le troisième album fut un don du ciel. Dieu Crée, L’Homme Détruit. Souvent considéré, à juste titre, comme un chef-d’œuvre et l’une des meilleures histoires des X-Men, histoire qui servit de base au film X-Men 2 d’ailleurs, voilà un album à lire absolument avant de crever. Une histoire que jamais les Fantastiques ou les Vengeurs n’auraient pu avoir et des dessins qui tenaient plus de la peinture qu’autre chose, tout cela fit de cet album une légende.


Le cinquième album aussi, fut extraordinaire, avec un cross-over entre les X-Men et les Jeunes Titans de chez DC, que je lisais en plus au même moment, et tout ça pour quoi ? Ressusciter Dark Phoenix ! Je buvais du petit lait. J’ai acheté cet album alors qu’un de mes copains passait la journée chez moi un mercredi après-midi et je lui expliquais le pourquoi du comment de ces aventures.


Lug profita de ces albums pour rattraper son retard de publication des X-Men dans Special Strange mais la combine était dégueulasse car tout le monde ne pouvait se permettre de les acheter. Je fus un de ces veinards. De toute façon, vu les sagas dont nous héritions (les Broods, Belasco, les Morlocks), le prix des albums ne se ressentait pas. La qualité était vraiment au rendez-vous. On ne se sentait jamais volé.


Récit Complet Marvel

Les Récit Complet Marvel (RCM) étaient de « gros p’tits albums » contenant une aventure principale d’un super-héros. On avait souvent droit à des seconds couteaux mais c’était agréable, ça changeait. Cette collection démarra en fanfare avec Serval (Wolverine) écrit et dessiné par Frank Miller, svp !


Il a fallu le Net et la lecture d’originaux pour que je comprenne que ces « récits complets » n’étaient pas si complets que ça et salement censurés eux aussi. Voyez ce montage sur Wolverine par exemple.
J’achetais tous ces RCM les uns après les autres et, même si la qualité s’évapora assez rapidement malheureusement, les dix premiers ont presque tous un souvenir particulier pour moi. Le N°4, La Vision Et La Sorcière Rouge, acheté fin 84 et lu chez moi pendant de grands travaux de rénovation, assis par terre contre un mur et un sol nus d'une pièce vide. Le N°8, Le Valet De Cœur, outre une bonne histoire, ce RCM donna lieu à une amicale compétition entre mon ami et moi-même pour savoir qui saura le mieux dessiner la couverture verso, très inspirée de Phoenix, (devinez qui a gagné ?) Le N°10, Magie, que je reçu juste après une sortie scolaire au salon du son etc. Des petits riens qui font de gros tout.


Top BD

Les albums Top BD était une sorte de RCM en version deluxe. La collection se permettait même de publier autre chose que des super-héros, parfois des adaptations cinématographiques. Nous eûmes droit au Retour Du Jedi (les deux autres films étaient déjà parus en BD chez Lug mais en hors-série), Dark Crystal ou même 2010. Mais les Top BD prenaient réellement leur saveur qu’avec de vraies histoires Marvel, comme La Mort De Captain Marvel, chef-d’œuvre absolu et qui montre un Marvel « d’avant », lorsque leurs héros étaient mortels que vous et moi (et surtout vous !). Désormais, ils ont tous morts au moins 4 ou 5 fois chacun et ressuscitent toujours. C’est chiant.


Je me mis à acheter ces Top BD, assez régulièrement, et jusqu’à ce que j’arrête les comics en 1994. Citons quelques titres à lire absolument : La Vengeance Du Monolithe Vivant, Les Justiciers Du Futur, Super Boxeurs, les Nouveaux Mutants etc. Mon dernier album chez eux, et sans doute l'un des derniers bouquins Lug acheté, fut le reboot de Daredevil, dessiné par John Romita Jr. Je partais sur une très bonne impression. Je quittais le monde Marvel après un peu plus de quinze années de fidélité. Une page se tournait.

40 commentaires:

  1. ...Tu devrais écrire ton bouquin ;) Sois pas trop dur avec les auteurs de Nos années Strange. Leur but n'est pas de présenter une encyclopédie exhaustive, et l'ouvrage est quand même assez riche en infos. Et surtout très sympa à feuilleter. Les Strange, je les ai a peu près tous eu (ma grand-mère était buraliste), et pourtant, tu vois, j'apprécie quand même ce livre, qui pour moi vaut bien ses 23 €. Sébastien Carletti, au passage, je l'ai rencontré il y a quelques jours. C'est un vrai passionné qui a envie de partager, pas un type qui cherche à arrondir ses fins de mois sur le dos de vieux geeks nostalgiques ;) http://www.ilestemps.com/cedblog/toys/sebastien-carletti-strange-boy/

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  2. Je n'ai rien contre lui ou contre son bouquin. Je trouve simplement inutile d'acheter le Digest de Victor Hugo lorsqu'on a déjà toutes ses oeuvres chez soi dans la Pléiade, mais chacun fait ce qu'il veut de son fric. De toute façon, ça se vendra sans problème.

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    1. On a pas lu le même livre car les livres superficiel et inutile sur le nostalgie il en sort plein et celui là fait exception ,t'as rien appris sur Strange OK mais ne me fait pas croire que tu savais tout sur sagédition ,les jouets ,les VHS ,les série télé aussi traité ,en tout cas t'a critique sur le bouquin vaut pour ton article où effectivement un fan de Strange n'apprendra rien ^^

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    2. Et puis surtout c'est faux.
      Pour la part "rien de nouveau sous le soleil" avec ce livre, ça c'est ce qu'en pense et en dit SM, archangel je ne pense pas que tu sois compétent pour établir à sa place l'état de ses connaissances :D :D
      En revanche l'argutie sur la nostalgie qui est "en ce moment vendeuse", c'est une posture que j'ai partagée un long moment. Et néanmoins c'est de la merde et ça n'est pas plus vrai qu'à tout autre moment. La nostalgie, le retour sur le passé, ce n'est EN RIEN nouveau comme tendance. Je me souviens dans les années 80, les Forbans, les remix/reprises de hits des 60's, ma mère écoutant en boucle Cloclo, et les dizaines de "soirées hommage" où l'on déterrait les morts, les vrais et ceux qui ne se savaient pas encore morts huhu.
      Si à présent NOUS avons ce sentiment que la nostalgie a le vent en poupe c'est parce que, maintenant, c'est NOTRE nostalgie et nos souvenirs qu'on nous vend. Forcément, c'est notre tranche d'âge qui a le pouvoir d'achat ! Tu verras que dans 20 ans, c'est les années 90-2000 qu'on vendra à nos enfants ... Je commence déjà à le voir quand je regarde certains Youtubers parler de choses "de leur enfance" qui à moi semblent pourtant très récentes ... On vieillit ma pauv' dame.

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  3. très bon article mais je vais tout de même me faire offrir le bouquin ( heureusement que c'est noel)

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  4. Un peu de pédanterie à deux francs au passage : puisque vous avez aimé à la fois Miller et Rom, sachez qu'il y a un rapport entre les deux. En 1979, c'est le casse-tête chez Marvel. Comme vous l'avez très justement expliqué, Parker vient de leur commander une série sur leur premier jouet (qui restera à ma connaissance le seul vu le bide. Doit coûter un bras lui aussi aujourd'hui). Mais pas facile de faire passer ce morceau de plastique au rang de héros de comics vendable. C'est un petit jeune, un certain Frankie Miller, presque un stagiaire, qui mettra tout le monde d'accord sur un character design. Il signera même la couv' du premier numéro. Il ne dessinera pas d'autre épisode à ma connaissance. Rom... C'était quelque chose ! Le thème très inspiré des 60's et des Envahisseurs (pas les patriotes, ceux de Marcel Vincent) n'est somme toute pas si original, mais cette ambiance couplée au dessin de Buscema démarquaient totalement le Galadorien de ses pairs héroïques. Il y avait du tragique et du Surfeur d'Argent dans cet être noble mais tourmenté. Et chaque épisode apportait son lot de thèmes horrifiques : chiens "de l'Enfer", un terrien greffé à une armure de chevalier (le "second" Firefall) puis atrocement torturé par les Spectres, même une maison hanté dans l'épisode 6 ou 7, je ne sais plus. Mantlo faisait vraiment de Rom le lieu de multiples horreurs.
    Pas cité le Thanos Quest, RCM émérite, et qui lui méritait son titre il me semble (avec d'ailleurs une scène bien gore ou Thanos le Suprême explose littéralement les tripes d'un péon qui lui a manqué de respect.

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  5. Exact pour Frank Miller sur Rom, j'étais au courant de la chose et encore plus d'accord avec le reste sur Rom. Sal Buscema a vraiment marqué ma jeunesse de par ses dessins dans Rom mais aussi Captain America que je lisais également dans la collection Artima. J'écrirais un truc là-dessus aussi un de ces jours.
    Pour Thanos et son RCM d'anthologie, j'ai déjà tout dit ici:

    http://super-shogun.blogspot.com/2011/04/infinity-gauntlet-fine-art-theatre.html

    Je ne voulais pas faire de répétition. :)

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  6. Sympa ton article et comme dit cedwood tu devrais l'écrire ton bouquin ;-)...
    c'est vrai aussi que l'époque est au repli sur soi et à la mélancolie sur une jeunesse insouciante que les stranges, titans, nova et autres comic ont bercé, il faut l'assumer.
    Comme vous, je suis un inconditionnel de ces personnages et ancien collectionneur car moi aussi j'avais des factures à payer, :-(
    Mais je n'espère qu'une chose c'est que des éditeurs surfent sur la mode actuelle du "repli sur soi" et réeditent ces comic rapidement !il y a un public qui attend...

    indiana8366

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  7. Ho mais à peu de choses, ces rééditions sont déjà faites. Intégrales Spiderman (année 63, 64, etc...), arc stories publiés en un seul volume (la Guerre des Armures, Le Diable en Bouteille, l'arc story Miller sur DD...) aujourd'hui les épisodes Strange et consorts se retrouvent facilement dans le commerce !
    Pour ce qui est de l'analyse de cette nostalgie, l'article est pertinent, mais c'est souvent assumé. Je ne suis pas trop dans le trip "tendance", pour moi avoir un Goldorak n'est pas une déco pop-culture post moderne, en revanche je plussoie ceux qui y retrouvent avant tout leur enfance. Moi-même je ne suis pas un inconditionnel de Goldo en fin de compte. Il y a beaucoup de choses dont je ne me rappelle pas dans le DA. Alexandre Astier (au passage, un humoriste assez drôle qui a quelques bons sketches à son actif) disait avec finesse dans je ne sais quel interview qu'il reconnait volontiers que ce n'est pas tant Goldorak qui lui manque, que ce qu'il mangeait en le regardant, les gens qu'il avait autour de lui et qui maintenant ne sont plus là... Et oui, c'est surtout çà la nostalgie, et c'est sûr çà fait vendre. Il y avait une pub qui passait il y a quelques années (j'avais encore la tv, c'était sans doute il y a des lustres) qui résumait bien le truc. Ne me demandez pas si c'était pour une assurance ou de la Volvic je n'en sais plus rien, mais toujours est-il qu'une nana trentenaire faisait je ne sais plus quoi dans la pub et se remémorait son enfance. Les papiers peints oranges, le jambon purée, et Maya l'abeille à la télé.

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  8. Voilà, c'est ça. C'est pas tellement Goldorak (pour reprendre un truc connu) qui me manque puisque je l'ai, aussi bien ses épisodes que ses représentations en 3D. J'en ai même bien plus sur lui qu'à la fin des années 70 et le gamin que j'étais verrait ça maintenant, il imploserait. Mais c'est plus une époque, une ambiance, une atmosphère et aussi une vision de l'esprit (peut-être fausse) qui nous manque. Elle m'a toujours manqué. Je crois que je suis né nostalgique finalement... :)

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  9. Sympa cet article sur Strange et sur la vision de nous replongé dans le bien-être de nos enfances lisant avec passion ces revues devenues mythiques.
    Tu as en effet bien retracé la galerie des personnages avec leurs propres personnalités ainsi que les artistes "marquants" qui ont su en tiré le meilleur .
    Le livre est plus a mettre en réalité a l'actif de Jean Marc Lainé qui est un puits de science sur les comics Marvel , Sébastien lui s'est contenté d'y apporter son univers a savoir les goodies et autres jouets dont il est un grand fan et collectionneur, mais le gros gros des informations est a mettre au compte de jean Marc .
    Fan de Strange? Oui bien sur même si ma génération n'a pas connu la fin parce que comme nous tous , nous avons connu l'adolescence et les filles ont succédé aux héros en collant avec slips apparents, donc ma génération, c'est plus les débuts ( mon premier Strange acheté était dans les numéros 50 ) donc les revues comme Spidey , je ne m'y intéressais pas car j'avais déjà 16 ans en 1979 et le contenu était trop enfantin pour moi qui lorgnais beaucoup plus vers des récits comme Conan dessiné par un Buscema a l'apogée de son art .
    Ça fait toujours plaisir de lire ou relire des choses que l'on connais, même si rien n'est vraiment nouveau pour le fan pur et dur .
    Bravo a toi, ta plume toujours un peu tranchante comme les lames d'un Serval des Xmen est excellente!!
    ( A ce sujet c'est d'ailleurs un mystère ta personnalité fan et a l'encontre d'autre fans , peut être ta retenu et ta discrétion font que tu n'aime pas "l'étalage de certain...)

    Signe un bouquin, un vrai , je pense que serait très bon .
    Allez je nous laisse dans notre nostalgie avec représentation 3D sous les yeux pour ne pas oublier ces douces années ....

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  10. @Le Gardien
    On voit les anciens à leur façon d'utiliser encore le nom de "Serval". Moi aussi j'ai parfois du mal à l'oublier et il peut ressortir dans un moment d'inattention... ;)
    Merci à toi pour ton avis.

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  11. A l'oral on a aussi la façon de prononcer "Strange" qui joue... Les mecs de 30 ans + qui ont connu cette époque se reconnaissent à leur prononciation "à la française". Tout en connaissant pourtant le terme anglais, j'ai mis des années à faire le rapprochement... Je dois être un peu con :)

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  12. J'ai toujours prononcé ça à la française. Ça ne se posait même pas comme question vu qu'on avait souvent abordé ces revues avant d'avoir commencé l'apprentissage de l'anglais à l'école. Le type qui se la serait joué à l'anglaise sur ces titres se serait fait foutre de sa pomme. Dans le film Daredevil, il y a un clin d'oeil à ces revues. Un type dit à l'enquêteur qu'il a trouvé un truc un peu "strange" mais il le dit à l'anglaise cette fois.

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  13. bravo pour ton article et merci de nous faire partager ces bons moments! j'ai aussi de super bons souvenirs des Lug de cette epoque!

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  14. Je n'ai pour ma part jamais quitté l'univers des comics et de Marvel malgré parfois de longues pauses. Je ne m'en remémore pas moins cette belle époque avec tendresse et nostalgie. Et pour le coup je ne parle pas de mon enfance, mais bien de la qualité des épisodes de l'époque ! Les dessinateurs avaient un vrai coup de crayon à l'époque, et de la personnalité. Aujourd'hui depuis le passage de Jim Lee dans les années 90 et l'essor des nouvelles technologies graphiques, tout s'est uniformisé, toutes les planches se ressemblent (je reconnais le talent de Lee même si je ne l'aime pas, mais il a fait bcp de mal aux comics avec tous les tacherons qui l'ont copié ensemble. Qui plus est les artistes de talent aujourd'hui voient leur travail "corrigé" et retouché pour coller davantage à la production).
    Les histoires aussi étaient formidables, on baignait dans des ambiances moins "trash" mais aussi moins "portenawak" qu'aujourd'hui, où l'univers Marvel en particulier part totalement en sucette depuis quelques années. Les personnages étaient crédibles et on sentait un amour presque palpable de la part des dessinateurs et auteurs qui présidaient à leur destinée. Quoi de plus poignant que la mort de Gwen Stacy, ou celle de Phénix? Quelle storytelling plus abouti que le double run de Miller/Mazzuchelli sur DD?
    Je les aimais moi aussi tous ces personnages, comme des amis qu'on retrouve tous les mois. L'idéaliste Tony Stark (aujourd'hui : un sale facho opportuniste), le malchanceux Peter Parker (aujourd'hui : totalement perdu dans des histoires absurdes qui n'en finissent pas), le sombre Matt Murdock (aujourd'hui : une série gratuitement violente et embrouillée). Et Logan instable et vulnérable (aujourd'hui : un surhomme qu'on retrouve dans TOUTES les séries!). Maintenant : quelques têtes d'affiches dont il ne reste que les noms et (rarement) les costumes. Souvent même l'homme en dessous n'est plus le même. Dire que dans les années 80 mettre Rhodey à la place de Tony dans l'armure avait paru HALLUCINANT... Si les lecteurs de l'époque avaient su qu'on pouvait faire la série Spiderman ou Hulk SANS Spiderman ou Hulk...
    Tout cela est parfaitement grotesque et j'achète de moins en moins, mais le souvenir de mes héros m'accompagne pour toujours !

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  15. Super article. Je découvre le blog d'ailleurs. ça fait remonter des souvenirs, des émotions. C'est vrai qu'on est en plein période nostalgie 80's, les nouveaux quadras que nous sommes sont désormais une cible marketing idéale pour les divers services marketing des produits culturels. Mais en la matière rien ne vaut un blog de passionné.
    A ce propos, je vois qu'en matière de lectures et DA, les préférés surtout, on n'a pas seulement les mêmes goûts ( pif gadget - Special strange spécialement pour "les étranges X-Men" - Goldorak ), mais moi aussi j'ai commencé à lire ces publications exactement aux mêmes années ( 77/78 pour Pif par exemple ), mieux encore, le tout 1er N° Special Strange que j'ai lu, qui n'était pas à moi d'ailleurs, donc découvert par hasard, était le 23, ce qui m'a poussé à acheter par la suite mon vrai 1er, et devines lequel... le 25 !! J'ai décroché par contre bien plutôt, dès que Byrne a laissé tomber la série, ce qui ne m'a finalement pas autant attristé que ça, vu que Jean n'était plus là, mon cœur était déjà brisé :))... un de mes premiers chagrins lol mais faut bien grandir un jour, non ? et une série comme les X-Men, nous y aidait un peu, soyons justes, tellement elle était plus mature que les reste des productions comic's et autres BD. Alors, les phénix et autres super-héros ressuscités, ça n'a jamais pris avec moi non plus.

    Finalement, avec le recul, on se rend compte que rien ne vaut nos années et nos rêves d'enfance et d'ado, cette insouciance qui les accompagnait, et qui reste bien la clé du bonheur. Notre réalité d'adultes restera toujours en deçà.

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    1. C'est beaucoup le succès des X-men que d'avoir proposé des héros, non pas plus adultes, mais au contraire par certains égards plus jeunes. Comme Spiderman (un adolescent dont le corps et la vision du monde change alors même qu'il se découvre la faculté d'expulser du fluide... Hum... Et qui affronte invariablement des hommes bien plus âgés voire vieillards comme Vulture et Doc Octopus comme sublimation du père), les X-men, héros incompris en bute à la rupture brutale d'avec la société et les anciennes valeurs de leurs parents, sont largement des incarnations de préoccupations adolescentes.

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    2. Quelle "réalité d'adultes"? :)

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    3. @ Anonyme : par "mature", je parlait de scénario, d'écriture, non des personnages, lesquels dans les "étranges X-Men" entraient déjà d'ailleurs dans l'age adulte !

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  16. J'ai commencé moi aussi en 81 avec Strange,et ensuite les autres publications,il m'a fallu 10 ans pour m'en lasser,je pense avoir vu le meilleurs de Marvel à cette epoque !!! A chaque fin de BD,je mourrais 1 moi avant la suite !!! J'ai aussi adoré Mustang avec Photonik et Mikros (enfin surtout Saltarela version 2 dans Titans)
    Je continue neanmoins à acheter irregulierement des productions Marvel vf via pannini

    Bravo pour cet article bien sympathique,je me dois de penser à m'offrir "Mes annees Strange" Enjoy

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  17. Merci pour ce long billet ! Cela m'a fait plaisir d'entendre parler à nouveau de Mikros, "Super Boxers" (j'avais à l'époque, essayé de dessiner la magnifique couverture), et bien sûr, Strange. Je me souviens d' avoir commander dans un Strange, un magnifique poster du surfer d'argent, qui décora ma chambre pendant longtemps, à coté du poster de Yannick Noah version année 1980. Moi aussi, J'ai vécu la saga du phénix en direct live, et je me remémore avec émotions le combat des X-men contre Gladiator et ses sbires Shi'ar ! Serval, Diablo, Colossus et le Hurleur étaient des dieux pour moi ! Je me souviens avoir eu une figurine Marvel "guerre secrète" de Serval, mais version costume marron. J'aurai pu mourrir heureux à ce moment là. Je me rappelle aussi des histoires de spider-man et de sa collaboration occasionnelle avec Daredevil. J'adorais les vilains qui croisaient le fer avec lui ( Le griffon, le Cimeterre, etc...)!
    Mais ce qui m'a fait l'effet de la madeleine de Proust, c'est l'évocation de "Strange special origines" ! En vacances en guadeloupe, je préférai ne pas aller à la plage et resté chez ma tante pour découvrir les origines du corrupteur, deathlock, Dreadnought, le moissonneur, Dracula ( et oui !) etc... des personnages dont je n'avais jamais entendu parler pour la plupart. Mais les observer de plein pieds, et prendre connaissance de leur pouvoirs, mensurations, et le nombre de tonnes qu'ils pouvaient lever avec un orteil me fascinait ! Il y a quelques années, j'avais acheté 2 encyclopédies Marvel, qui dorment dans ma bibliothèque. Je fus déçu, car le design des personnages et leurs histoires ne sont plus les mêmes. Je les feuillètes avec mes fils, mais la magie n'opèrait plus. J'ai vécu cela comme une trahison...Il paraît qu''il faut accepté que les choses changes. Certes ! Mais seulement si c'est pour le meilleur !
    Heimilh

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  18. Pour moi, Strange, c'est ça :

    http://zaitchick.blogspot.fr/2011/02/mon-premier-strange.html

    Et en 1985, j'ai découvert par hasard l'existence du fanzine Scarce qui traitait le sujet des super-héros Marvel et autres. Depuis, j'en suis devenu un lecteur assidu. Dans le prochain paraîtra un article que j'ai écrit sur les super-vilains français (sauce Lug.)

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    1. Cette planche résume parfaitement l'enfance de millions de petits Français issus des années 70...

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    2. Je suis de 1966, mais je prends ça comme un compliment. ^^

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  19. Concernant le Surfeur d'argent dans Nova, la planche que tu as postée n'est pas de Mitton mais de Kirby.

    Il s'agit d'une reprise du personnage par le King datant de la fin des années 70, assez différente de la version classique : les Quatre Fantastiques n'apparaissent pas et le Surfeur finit par se résigner et retourner vers Galactus, abandonnant ses illusions de liberté (tout comme Kirby est revenu vers Marvel après avoir tenté de retrouver un nouveau souffle chez DC au début des années 70).

    Mitton n'assurait que les planches d'introduction du récit publié en épisodes dans Nova (planches absentes de la reprise en album chez Soleil.) Il s'est montré un remarquable pasticheur du King... Comme de Buscema.

    En effet, il a réalisé en collaboration avec Marcel Navarro une histoire originale du Surfeur publiée dans les Nova 25 et 26 - jamais rééditée. J'en parle ici : http://www.forumpimpf.net/viewtopic.php?f=1&t=15328&hilit=mitton

    Excellent galop d'essai pour Mikros.

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  20. Par ailleurs, la série qui embraye après Epsilon ne s'intitule pas Orion mais Kronos : http://mitton.free.fr/docs/KRONOS.htm

    Un récit de voyageur du temps (on s'en serait douté), hélas abrégé par la cession de Lug à Sémic qui a cessé de produire du super-héros français (Mitton a réalisé, par contre, du Fantôme du Bengale pour les pays du Nord...)

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    1. Pour Mitton VS Kirby, j'ai dû me laisser attraper par les premières pages parce que je suis sûr et certain que c'était Mitton, on retrouvait la gestuelle de ses personnages "insectoïdes" dans les poses du Surfer. J'avais l'impression de voir Mikros. C'est vrai que Mitton avait expliqué dans une interview qu'il avait beaucoup bossé chez Lug dans la retouche des planches américaines, l'ajout de dessins etc. Ce mec était vraiment indispensable à Lug durant toutes les années 80.
      Quant à Kronos, tu as raison, j'ai confondu avec le nom de la brigade qui le cherche sur Terre. Je corrige ça. Merci. Ça fait plaisir d'avoir des experts. :)

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  21. Je ne retrouve plus le fil de discussion, alors, est-ce que c'est ça la page de Superman qui t'avait marqué ?
    http://img.photobucket.com/albums/v211/zaitchick/Superman-Microwave.jpg

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    1. Ça me tilte dans la tête. Je crois oui. Tu as la suite?

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  22. Ben, oui.
    Le méchant se nomme Micro-Wave et il porte un costume jaune et noir qui a dû inspirer Ciro Tota pour Photonik. Je scanne ça dès que je peux.

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    1. Oui, lui:

      http://jnapics.s3.amazonaws.com/picspics/mypictures/newlot/jpw015_009.jpg

      Le problème, c'est que ce n'est pas l'ennemi que j'avais en tête pour ce magazine et cette aventure. Je voyais plutôt une espèce de hippie dégarni et avec une barbe. A moins qu'il n'y ait plusieurs histoires dans ce bouquin et que j'ai fait un mix? Ou tout simplement que ce n'est pas le bon magazine mais que je l'ai quand même eu celui-ci. Va savoir. J'attends tes scans. Merci de ta patience.

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  23. http://img.photobucket.com/albums/v211/zaitchick/Superman-Microwave0.jpg
    http://img.photobucket.com/albums/v211/zaitchick/Superman-Microwave1.jpg
    http://img.photobucket.com/albums/v211/zaitchick/Superman-Microwave2.jpg
    http://img.photobucket.com/albums/v211/zaitchick/Superman-Microwave3.jpg
    http://img.photobucket.com/albums/v211/zaitchick/Superman-Microwave4.jpg

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    1. Nan, là, ça ne me tilte plus la cervelle. Je pense que j'ai dû l'avoir quand même car la première image scannée, la statue qui explose, me rappelle quelque chose. Mais le reste, rien du tout. Et comme je t'avais dit, je suis presque certain que l'ennemi qui bousillait cette statue à coup de main se faisait appeler "le vandalisme". Il date de quand ce Superman Géant que tu as scanné là? En date de sortie française.

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  24. Sinon je pense que tu me parles de Vartox
    http://farm5.static.flickr.com/4057/4222181300_91f043cf87.jpg
    dans ce numéro :
    http://img.bd-sanctuary.com/cs/big/superman-geant-comics-volume-9-simple-32397.jpg

    Vartox est un super-héros de la planète Valéron. Son monde est détruit alors qu'il est à l'âge adulte. Il perd sa femme et son enfant et viens se réfugier sur Terre mais il est de caractère instable.
    Physiquement, il semble inspiré de Sean Connery, période Zardoz.

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    1. En version gay alors... :D
      Je te dis, l'image que j'ai, c'est un type qui démolit d'un coup de poing une statue de Superman. C'est peut-être lui.

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  25. Je n'ai pas de souvenir de cette scène... Pourtant, ça me dit quelque chose.

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  26. Que de souvenirs.
    Les côtés des page bleuies aussi, je pense que tu comprendra ce que je veut dire.
    En ce qui me concerne j'ai encore mes anciens numéros à la maison, car personne n'as touché à ma collection, même si ma femme au début parlait (plus ou moins sérieusement) de les vendre elle as vite compris qu'il valait mieux se raviser.
    Car même si elle est modeste (1396 comics à la dernière comptabilisation il y as deux ans) j'y tiens quand même.
    Enfin modeste je ne sais pas il n'y as ni magasin spécialisé ni convention vers chez moi donc pas de moyens de comparaison.

    J'en profites pour te dire bravo pour ton site, qui parles de deux de mes passions (je te laisse deviner le sujet pour l'autre passion ;-) ).

    Et bonne continuation.

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