mardi 12 octobre 2010

LES BANDES-DESSINEES TELE-GUIDE DE GOLDORAK



Je ne remercierais jamais assez mes parents de m’avoir acheté des BD étant gamin et ce, bien avant que je ne puisse lire de moi-même. C’est sans doute pour cela que je fus le premier de la classe de CP à savoir lire d’ailleurs, j’avais eu de l’entraînement avant.
On fustige les BD, on pense que les gamins ne regardent que les images. Faux ! Regarder, c’est déjà lire. Si vous leur jetez sur leurs genoux râpés et couverts de mercurochrome un bouquin sans images, il y a de fortes chances qu’il vous revienne dans la tronche façon boomerang. Donnez-leur des images avec un peu de texte, c’est pas grave, ils auront tout le temps de se mettre aux vrais livres par la suite. J’ai touché mon premier bouquin « sans images » à 10 ans. Ce fut Les Misérables d’Hugo. Sacré choc !

Les livres, magazines, hebdomadaires, journaux, ont toujours été très présents chez moi. Rien que ma mère déjà, a décimé des forêts entières pour assouvir sa passion de lectures ineptes sur des têtes couronnées et autres stars indémodables car déjà démodées. Mon père avait ses quotidiens et quelques magazines. Quant à moi, en plus de mon Pif Gadget et le journal de Mickey le mardi, j’avais la chance de pouvoir choisir ce que je voulais lors des traditionnelles courses du samedi matin, lorsque nous allions, mon père et moi, chez la libraire. Les revues Lug avaient priorité sur presque tout mais lorsqu’un nouveau périodique sur Goldorak sortait, je me jetais dessus. Je pense les avoir quasiment tous eus. Je les connaissais par cœur et, malgré leur niveau, ils ont enfoncé le clou de la lecture chez moi.
A l’âge de 12 ans en gros, je les ai tous virés. Je revois encore toutes les piles déposées dans mon local à poubelles de l’époque. Je l’ai presque regretté le jour même mais c’était comme ça, un ado doit normalement quitter le monde de l’enfance. Tu parles…

Je n’ai jamais cessé de penser à ces bouquins, BD italiennes importées vite fait et traduites encore plus rapidement par les éditions Télé Guide, à ne pas confondre avec l'hebdomadaire Télé Junior qui est totalement différent même si Goldorak paraissait également dedans. J’en ai retrouvé un ou deux de ces Télé Guide, par hasard, en 1987 dans une brocante en vacances. Je n'avais pas de rond sur moi, je n'ai pu que les feuilleter presque en tremblant tant j’étais ému. Comment les oublier ?
L’an dernier, j’ai mis la main sur des lots entiers de ces revues scannées. C’était presque un rêve malgré mon œil bionique d’adulte acéré qui me faisait voir tout ce que je n'avais pas vu, ou si peu, étant gamin. Alors oui, c’est mal dessiné (et même pire que ça), oui les histoires sont à chier, oui c’est de la BD foireuse, mais c’est toute ma jeunesse. Cracher dessus reviendrait à me cracher moi-même dessus. C’est impossible.

Petit tour d’horizon de ces revues.

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Les magazines furent les premiers à sortir. Peu coûteux et judicieusement interactifs, ils eurent un gros succès dans les cours de récré.

Les couvertures variaient du très moyen...

... au carrément n'importe quoi! Matez le poing de Goldorak là... Mais nous allions rapidement apprendre que cela deviendrait la carte de visite de ces bouquins.

Voyez... Les dessinateurs italiens n'étaient pas très doués, et c'est un euphémisme. J'aime la vignette de Goldorak avec le pied sur la soucoupe, on dirait qu'il fait de la gym! 1! 2! 1! 2! 1! 2!

Je parlais d’interactivité plus haut. En effet, des planches d'autocollants étaient livrées avec la BD, qui comportaient des "blancs", à remplir avec les dits autocollants. On voit sur cette image le prince d'Euphor du milieu en version sticker. Et encore, là, ce fut collé proprement. Notez également en haut, Actarus a troqué ses boots pour des mocassins, et sans chaussettes! Toutes ces BD sont truffées de savoureuses couilles de ce genre.

Grâce au non-talent des dessinateurs, les vilains sont fidèles à eux-mêmes: vilains donc!

Philosophie euphorienne...

En plus des autocollants, un grand poster était toujours livré avec. Celui-ci par exemple, trôna fièrement pendant longtemps sur le mur juste en face de mon bureau de gosse. Le revoir encore maintenant me fait quelque chose...

Atterrissage difficile... Dans la série, ce Golgoth n'a pas la tête sur le côté de son corps mais bien au milieu.

Madame Domina présente... Les scénarios reprenaient les histoires originales de la série mais avec des variantes, parfois en les mixant ensemble.

Une planche intéressante car bien glauque. Actarus nous fait une descente de trip là.

Des dessins clairs et qui n'agressent pas...

Anatomie, perspective, crédibilité, rien à foutre! Admirez le bras de Goldorak en haut sans parler de ce coup magique en bas façon kick boxing...

Ah l'arrimage par la proue de la soucoupe et effectué à l'envers! Quel poilade!

Argoli est sponsorisé par Belle Color...

Le magazine contenait des fiches (notez la coquille sur celle d'Hydargos, en bas: "La" prince d'Euphor...), des concours et autres courriers des lecteurs. Je ne leur ai jamais écrit, je trouve ça curieux d'ailleurs.

Une planche qui m'a marqué et que je n'ai jamais oubliée.

Comme les Japonais, les dessinateurs italiens ont bien compris l'intérêt de la réutilisation de séquence...

Et oui, la scène des astéro-haches est la même.

Après les magazines vinrent les "Special Goldorak", mensuels cette fois-ci. Ne comportant ni auto-collants ni posters, ils étaient pourtant plus chers et pour des histoires semblables que le magazine.

Une couverture faisant penser au style de Frank Springer ou Vince Coletta.

Avec le temps, la forme fut améliorée, on voit ça après.

Les premiers numéros donnaient son lot d'histoires aussi nulles et crasseuses que celles des magazines.

Un fameux ennemi de... Mazinger Z! Et oui. En Italie, Mazinger a bien cartonné également. Notez que Minos appelle son robot de la même façon que la dénomination japonaise.

Les Italiens dessinaient mieux les vaisseaux que les personnages... Ce Vénusiak n'est pas mal du tout bien que les couleurs soient fantaisistes...

Encore des combats pouilleux.

Quand le dessin était réussi, c'est que le dessinateur avait eu un modèle, souvent une image de promo, comme ici par exemple. On la retrouvera régulièrement celle-ci.

En trois planches, le combat de Goldorak contre son sosie. Un must pour les fans de ces bouquins.

Heureusement qu'il y a du texte pour savoir qui est qui...

'Sont souples ces robots quand même...

Comme je le disais, la forme des "Special" fut améliorée à partir des 10/12e numéro à l'aide de couleurs bien plus chaleureuses. Hélas, les dessins restaient atroces même s'ils s'inspiraient directement de la série désormais.

Coupez-lui le sifflet à ce Golgoth!

Des couleurs pas dégueu pour l'époque!

Une soucoupe amirale orange...

Dans les derniers temps de l'exploitation de Goldorak, 1982-83, des bouquins de poche sortirent. Ils étaient mieux dessinés, avec peut-être la théorie que je vous explique plus bas. Seulement, le titre de chacun de ces pockets donnait envie de hurler...

Quel jeu de mot de merde! On se croirait sur la une de Libé ou 20mn...

Pas mal! Ma théorie pour obtenir cette qualité de dessin était que les épisodes étaient enregistrés sur magnétoscope puis dessinés à main levée après avoir fait un arrêt sur image.

Bien avant Mortal Kombat, Goldorak était là...

Sacré faire-valoir va...

Au secours!

La prestigieuse édition Rouge et Or (tous les mômes de ma génération ont eu au moins un livre de cette collection) s'est lancée, presque dès le début, dans l'aventure Goldorak en publiant plusieurs bouquins.

Ça avait très bien commencé car utilisant des images directement issues de la série. Une double page comme ça et le gamin implosait littéralement.

Le bouquin racontait une histoire entrecoupée d'images retravaillées (montages, collages etc.) de très bonne qualité la plupart du temps.

Et puis, les livres sortant (une dizaine en tout), la qualité s'est effondrée comme vous pouvez le voir ci-dessus. Petite collection des horreurs rien que pour vous. Accrochez-vous!

C'est Goldorak ça? On dirait un clone coréen!

Putain...

Minos : - Eh Hydargos, pourquoi t'es tout vert? T'es malade?
Hydargos : - Ta gueule!

Alcor : - Pourquoi est-on aussi mal dessiné?
Fénicia : - Oui, et pourquoi j'ai une chemise de nuit moi? Et pourquoi suis-je blonde? On n'a pas mérité ça!
Actarus : - Ils vont nous le payer, je le jure! Allons-y!

Petit bonus pour finir, Goldorak en arabe...

Et en vo.

11 commentaires:

  1. C'est toujours un plaisir de vous lire!!!!

    Quel talent!!!!! Belle mise en pages......

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  2. On se connaît nous deux non?...

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  3. En dirait du dojinshi très amateur...
    la planche où Actarus fait un bad trip de rappelle quelque chose, je l'ai lue quand j'étais petit !
    Je ne suis pas enthousiaste pour les relire (au contraire de pif gadget/poche, castor junior...), vraiment trop... amateur.
    Je comprends mieux maintenant pourquoi nos parents trouvaient cela horrible à l'époque.

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  4. Forcément, la nostalgie rend magnanime. Je n'ai eu qu'une seule de ces BD, et je l'ai très vite oubliée. Faut dire aussi que je lisais déjà Metal Hurlant et les albums Conan, Ka-Zar etc dessinés par Buscema. Impossible de valider de telles merdes.

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  5. J'ai eu ce genre de BD quand j'étais gamin et je trouvais déjà a cette époque les dessins souvent assez affreux mais même dans la série animée, la qualité graphique variait souvent d'un épisode sur l'autre ou même d'un plan sur l'autre.

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  6. Ho purée!
    Le vieux flash-back là, j'ai eu quand j'étais môme 80% de ce que tu nous exposes, c'est vrai qu'avec la maturité, on se rend mieux compte des coquilles, approximations et absence de talent.
    Pour l'anecdote, j'ai souvenir d'un très vieil album de Goldorak se battant contre son sosie mais plus facilement identifiable puisqu'il n'avait que 2 simples cornes au lieu de 2 doubles (je trouvais ça d'ailleurs assez débile que les "gentils" puissent se faire abuser par cette imitation, c'était vraiment manquer de faculté d'observation).

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  7. HOhoho; voilà quelque chose de savoureux : du fumetti Goldorak ! Ca serait sorti aux éditions Elvifrance que ça ne m'aurait pas étonné, héhé.

    Les formats de poche me rappellent énormément les BDs de gare pour adulte type Terrificolor ou Satanik, mais avec Goldorak... le genre de BDs italiennes super cheap qui étaient importées et vendues trois fois rien, avec une traduction plus qu'approximative, des scénarios sous LSD et un dessin complètement à côté de la plaque. De très fortes chances qu'elles n'aient rien d'officiel.

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  8. J'aimais bien aussi ces bouquins de merde édités par Elvifrance! Sam Bott, Les Meufs, Mafioso etc. Mon père en achetait et on les lui piquait avec ma voisine de palier quand on avait 10/12 ans. C'était ça chez moi et les Union de ses parents chez elle. On découvrait les mystères du sexe comme on pouvait à cette époque. A la fin des années 80, plus besoin de me cacher, je les lisais normalement, c'était d'une connerie et je notais souvent des repiquages de BD Marvel dedans! Mais j'aimais bien. Il y avait souvent des vengeances posthumes dedans et comme j'ai été marqué à vie par les BD "Il Est Minuit... L'heure Des Sorcières" étant gosse, ça me plaisait. Il y avait juste du cul dedans en plus.

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  9. Mais ou tu trouves toutes ces infos qui remonte a un moment?
    Ça en devient fou cette affaire

    En tout cas chapeau pour l'article

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  10. Ma mémoire essentiellement, et pour le reste, il suffit de chercher. :)

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  11. bah a un moment les italiens ont meme dessine Thanos de marvel comics (en fait un pauvre type Extra terrestre transforme par Vega) venu combattre Goldorak... Oui Thanos...

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