dimanche 3 juillet 2016

RETOUR DE BROCANTE

Brocante dans un quartier résidentiel de la banlieue parisienne. La chaleur aidant, les gens sont en petite tenue. C'est le temps des pieds pourris dans des sandales de merde, des shorts recouvrant à peine des cuisses laiteuses et flasques et des T-shirts barrés de phrases stupides. Les bras ne sont pas en reste avec quantité de tattoos censés faire de leur proprio un être unique, alors que des millions d'autres ont exactement la même impression permanente sur la couenne... Par chance, on croise quelques ravissantes choses dans des tops pas vraiment à la bonne taille...

Les artères pour circuler sont minuscules et il y a malheureusement toujours un caillot humain qui bloque le passage. On ne sait pas ce qu'il fait là, il téléphone, attend, apprécie la vie, tout en ne comprenant absolument pas qu'il emmerde tout le monde en restant planté là à gober les mouches. Attention aussi aux vieilles qui ont à la main un truc tout en longueur, genre une tringle à rideaux ou un manche à balai, et n'hésitent pas à le manipuler à grands gestes ou à le porter sur l'épaule, bien à l'horizontale, quitte à empaler quelques passants avec. Et quand elles se retournent, je ne vous raconte pas l'hécatombe.
Grande mode observée également : la poussette pour le chiard de 4 ou 5 ans, donc largement en état de marcher. Y'a pas à dire, c'est utile et vu le peu de place pour circuler, c'est une riche idée... Toujours à propos des enfants, on est tombé sur un môme qui s'amusait à se jeter tête première sur les stands en hurlant. Pensant à un gamin handicapé, nous nous sommes prudemment écartés. Mais en regardant de plus près, il avait bien tous ses chromosomes, il était juste con. Les sorties familiales en brocante, c'est l'horreur.

Je laisse la Rouquine partir un peu devant tandis que je regarde distraitement un stand. 5mn plus tard, elle revient vers moi, presque furax! Pensant que je la suivais, elle a pris la main du mec derrière elle croyant que c'était moi! Le pauvre gars était gêné mais flatté d'après elle. Faut pas laisser traîner sa nana dans ces endroits...
Plus loin, elle dégote de vieux papiers. Devant le prix acceptable, elle commence son tri. Une fois terminé, elle veut payer et sort un billet de 20€. La bonne femme lui répond qu'elle n'a pas de fonds de caisse, il lui faut l'appoint... On rêve!

Nous passons devant une brasserie qui a une terrasse extérieure. Et un brocanteur a le culot de demander au garçon de café: "Combien pour la table et les chaises?" Pour lui, sans doute que, tout ce qui est dans le périmètre de la brocante est à vendre. On ne s'étonne plus de rien.
Au loin, des bruits de tambours. Une fanfare? Curieux, on entend juste de la grosse caisse. Ça se rapproche. Qu'est-ce que c'est que ce souk? Et soudain, on sait. Un troupeau d'hirsutes exotiques, le genre "musique du monde", composé essentiellement de petits blancs et de deux blacks, pour donner une certaine crédibilité sans doute... Ils tapent tous dans leurs tambours, c'est assourdissant, plus personne ne s'entend causer. Pour négocier, c'est cool... Dans le genre contre-productif, on ne fait pas mieux. D'ailleurs, les gens, vendeurs et acheteurs, ne goûtent guère cet intermède musical. Nos tympans commencent à lâcher. Il faut s'en aller, les attractions de ce type ont tendance à durer en plus.

En repartant, une surprise. Au sol, un truc blanc, écrasé, aplati. Un mouchoir? Nan, un tampon hygiénique, avec sa ficelle... So cute! Par chance, il n'était pas usagé. La Rouquine a refusé qu'on le prenne en photo pour le souvenir.

Dans un bac, entre deux BD cartonnées Dupuis, un Télé Parade dédié à toute la clique Hanna-Barbera. Tout ce que je déteste. Mais inscrit sur la couv': "GOLDORAK EN AUTOCOLLANT". Presque 40 ans après, tu m'étonnes qu'il doit encore y être...

J'ouvre et il y est!! Les yeux écarquillés par cette découverte incroyable, je referme doucement le magazine et j'essaye de demander le plus innocemment possible le prix au type du stand. "Euh... Hum, combien ce journal svp?", "Ch'ais pas, 1€, ça vous va?", "Bon, ok, mais c'est bien parce que c'est vous..."

Super état. Ça c'est de la trouvaille!

Des disques.

Le genre de bouquin que l'on aime. C'était le temps où l'on achetait quand on avait besoin et qui a été remplacé de nos jours par le besoin d'acheter...

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