dimanche 12 mai 2013

HOMMAGE A VICTORIA PRINCIPAL

Deux femmes maintinrent sur les rails de l’hétérosexualité le petit garçon innocent que j’étais. On n’imagine pas à quel point on est vulnérable à ce moment-là, lorsque son âge est un chiffre et non un nombre. Le moindre choc ou traumatisme peut être décisif pour la suite. C’est vrai, on peut malencontreusement voir son père à poil sous la douche et se retrouver à défiler en slip en cuir pour le mariage pour tous 20 ans plus tard… On n’est donc pas à l’abri d’un accident de parcours de ce genre. J’ai pu les éviter grâce à deux tutrices, et aussi l’aide d’un solide verrou à la porte de la salle de bains…

La première de ces femmes fut Lynda Carter incarnant la divine Wonder Woman. Bon, depuis que ce blog existe, j’ai déjà tout dit sur elle, et même plus encore. Je ne vais pas radoter. Les curieux iront voir ici ou , au choix.
Mais à bien réfléchir, l’épisode Carter arrivait un peu tôt pour vraiment me chambouler. C’était à la fin des années 70, j’avais 5 ans. Certes, « elle était belle la dame », mais j’étais bien trop jeune pour comprendre ce qui m’arrivait quand je la regardais, surtout quand elle courait
L’illumination vint quelques années plus tard avec une bombe thermonucléaire qui explosa dans le poste de télé familial et me liquéfia les yeux dès la première seconde de lueur. Cette bombe, c’était Victoria Principal, la désormais légendaire Pamela Ewing dans Dallas.
Il faut se remettre dans le contexte. Au début 1981, Dallas paralysa la France entière. Le samedi soir, de 20h40 à 22h, il n’y avait personne dans les rues. Quiconque avait une télé était devant à ce moment là pour suivre les aventures improbables de cette famille de ploucs texans imbibés de dollars, d’alcool et de pétrole. Mes parents n’y échappèrent pas. Le samedi soir était pourtant sacré chez moi, on mangeait mieux qu’en semaine, on prenait son temps et surtout tous ensemble. Mais plus là. Mes parents expédiaient leur repas en 10mn pour se jeter dans le canapé déglingué afin de suivre leur épisode hebdomadaire, nous laissant toujours sur un suspens torride.

J’avais 8 ans quand Dallas débarqua en France. Trop jeune pour comprendre ces histoires de coucheries, de fric et de trahisons familiales, mais suffisamment vieux pour m’intéresser à l’une des actrices qui me tapa, non pas dans mon slip Petit Bateau, mais carrément dans le coeur. C'était désormais clair, Pamela, c’était la femme de ma vie. Je suppose qu’elle me fit le même effet que firent des Bardot et autres Marilyn Monroe sur bien des hommes avant. On a tous eu au moins un sex-symbol intouchable dans sa jeunesse, une pin-up ou un bellâtre à laquelle on a pensé pendant des années, dont on a punaisé le poster sur un mur ou conservé une photo découpée dans un cahier secret et dont on a cherché ensuite une ressemblance physique dans ses conquêtes en chair et en os, parce que ces chocs forment pour la suite.
Je me mis à regarder Dallas avec mes parents juste pour elle. Je ne comprenais rien ou presque à l'histoire mais je m'en foutais. Seule comptait Pamela et ses apparitions divines ! Ce regard, ce visage, cette élégance, ces formes, c’était pas possible. Dieu existait donc ?

Je l’ai vu évoluée dans Dallas, jusqu’à ce que mes parents ne se lassent de la série puis qu’elle soit déprogrammée car ne faisant plus assez d’audimat pour un samedi soir. Malgré ça, « Pam » restait une figure du petit écran français. Comme tous les autres acteurs de Dallas, elle avait marqué son époque. On la vit donc très régulièrement dans des magazines ainsi que dans des pubs, pour du savon par exemple. C’était une habituée de ça aux USA, souvent dans des spots assez ridicules...
En 1982, l’édition française de Playboy publia des photos d’elle nue datant de sa jeunesse. Mon père acheta le magazine, pour la curiosité évidemment. Et c’est cette même curiosité qui me fit faucher le bouquin le temps d’un rapide visionnage un mercredi après-midi en compagnie de ma voisine de palier. Nous étions des habitués de ces lectures volées car interdites. Chez moi, c’était compliqué de lire les quelques Newlook ou Playboy de mon père car ma mère était toujours là. Chez la voisine, c’était plus relax vu que ses parents bossaient toute la journée. On lisait les Union de sa mère en nous creusant la tête sur la signification de certains mots étranges.

- C’est quoi clitoris ? 
- Je crois que c'est une maladie !

Les gens de ma génération ont fait leur éducation sexuelle ainsi. Les films de cul sont arrivés bien plus tard et on n'en a pas vu beaucoup.

Je n’ai jamais perdu de vue la mère Principal, au hasard des lectures people de ma mère. Quand je tombais sur elle, je lisais ses interviews et surtout, regardais les photos de la belle.
La rediffusion de Dallas sur TF1 au milieu des années 90 m’en remis une couche assez sévère. Ayant enfin fait l’acquisition d’un magnétoscope à cette même période, je pouvais enregistrer les épisodes et les analyser. Le souvenir doré de l’enfance aurait pu voler en éclat devant la réalité. Mais pas ici, Victoria était sublime, extraordinaire, encore mieux que dans ma mémoire. Elle n'allait plus me lâcher désormais.

Reconvertie dans le business et femme d’affaires redoutable, milliardaire grâce à des cosmétiques qu’elle vend sous son nom, auteur de nombreux bouquins sur la forme et le bien-être, on en a presque oublié qu’elle était une actrice à la base. Et une excellente actrice au demeurant mais qui fut mise, comme tous acteurs de série télé ayant eu trop de succès, sur la liste noire à Hollywood. Ce qui explique qu’on ne l’a jamais vraiment vu ailleurs que dans des téléfilms. Avant Dallas, elle joua tout de même avec Paul Newman dans le film de John Huston The Life and Times of Judge Roy Bean, puis Earthquake, un film catastrophe (on voit ça plus bas). Et si vous avez vraiment du courage, vous pouvez la voir dans le film Michael Kael Contre La World News Company. Je soupçonne les alcooliques de Groland de triper autant que moi sur Victoria et qu’ils l’ont choisie uniquement pour réaliser un rêve d'ado, celui de tourner avec la belle. Pas de chance pour elle en tout cas car ce film fut un bide et un navet par-dessus le marché.

Il y a longtemps que je voulais lui rendre hommage ici. Alors je sais. Je sais déjà ce que certains vont dire. Entre la Victoria d’avant et celle de maintenant, il y a une ENORME différence, et les ravages du temps n'expliquent pas tout, parlons plutôt des ravages du scalpel… Je sais tout ça. Voilà ce qui se passe sans doute quand on a été trop belle, on veut se tenir à une image du passé, pour soi-même et pour le public. Et le fait d’avoir été mariée pendant 20 ans à un as de la chirurgie esthétique n’arrange rien. Mais qu’importe ! Victoria Principal restera toujours pour moi LA femme idéale de mes jeunes années, et sans qu’il n’y ait d’histoire de sexe en plus. Malgré son abus de chirurgie, je la verrais toujours comme quand je l'ai découverte la première fois.
Hommage à la belle des belles.

Le genre de photo qui m'a conditionné tout jeune.

Ses yeux peuvent passer du regard pouvant faire fondre un nazi à celui qui lance des éclairs vous carbonisant sur place. Cela correspondait parfaitement au personnage de Pamela qui n'était pas une potiche malgré son physique, mais une femme avec du caractère.

Trouver des photos d'elle pour alimenter ce billet nostalgique n'a pas été simple. Elle semble pas mal verrouiller sur son image. Mais en cherchant bien, on trouve toujours. Et j'ai pu dégoter de très chouettes images d'elle quand elle était toute jeune, dont certaines que je n'avais encore jamais vues.

Ce genre de clichés datent de la fin des années 60, tout début 70. D'ailleurs, ça se voit au look.

Faites l'amour, pas la guerre! Je suis d'accord!

Elle doit avoir des origines latino, d'ailleurs son vrai prénom est Concettina.

Il y a des gens comme ça à qui toutes les fringues leur vont.

Une fraîcheur innée.

Une magnifique photo que je n'avais jamais vue avant.

En vacances à Berck...

Oui, la couleur existait quand même à cette époque hein...

Ce cliché montre qu'elle n'était pas très épaisse et n'avait pas grand-chose dans le corsage, mais elle arrangera ça comme nous allons le voir. De plus, elle pouvait tout enlever. Elle l'a fait une fois ou deux. Ne cherchez pas ici ce genre de photos. Déjà, je n'ai pas le droit et de plus, c'est pas ce qu'il y a de plus représentatif d'elle. Comme Chloé, je la préfère habillée.

Je connais quelqu'un qui lui ressemble beaucoup, mais ce quelqu'un ne va pas très bien en ce moment sur le plan psychologique. Souhaitons-lui qu'elle retrouve sa jolie tête...

Une photo tirée du film Earthquake, "Tremblement De Terre" en VF, un film-catastrophe comme c'était la mode à l'époque. Elle joua dedans le rôle d'une porteuse de T-shirt... La vidéo ci-dessous vous montre l'extrait.


Appréciez les looks des acteurs, en particulier le Black qui a un costard qui vaut de l'or. George Kennedy jouera dans Dallas dans les dernières saisons, mais Victoria était déjà partie quand il arriva.

Première saison de Dallas. Vous pouvez la voir danser le disco dans la vidéo ci-dessous.


PARTY HARD !

Plus les saisons avançaient dans Dallas et plus son look fut sophistiqué.

Tout comme Farrah Fawcett incarna LA femme des séries télé des années 70, Victoria Principal sera celle des années 80, avec énormément de maquillage et des cheveux permanentés à mort. Dans Dallas, quand elle se réveillait le matin, après ses 8h de sommeil, elle était comme elle s'était couchée. Pas un cheveux n'avait bougé, le maquillage était toujours aussi frais etc. Ces séries, c'est juste du rêve pour les petites gens, ça les sort de leur quotidien moche. Mais c'est comme ça aussi que l'on crée des complexes.

Encore une photo jamais vue pour moi avant et sans doute volée mais très spontanée et charmante.

On évitera de parler des fringues des années 80...

Comme de nombreuses Américaines au début des années 80, Victoria devint une fan de la gym et se lança à fond dedans, ce qui lui perdre pas mal de formes et la muscla trop à mon goût.


Opportunistes, les producteurs inclurent à Dallas une bonne dose de gym aux épisodes, cela permettait de montrer Victoria en maillot moulant...

On ne peut pas dire que ça m'enchantait de la voir taillée ainsi mais bon...

Une photo TRES années 80...

Victoria et un matou, comment voulez-vous résister?

Les dernières saisons de Dallas, avec des coupes et des tenues issues du Sud profond...

Un truc marrant, plus on avançait dans Dallas et plus Pamela choppait de la poitrine...

Vous pouvez faire la comparaison avec cette capture...


...et cette vidéo. On remarque aussi que si le tour de poitrine de Victoria augmentait, son nez, lui, s'affinait... Restons honnête, elle quittera Dallas, en 1987, alors qu'elle n'était pas encore abîmée. C'est à partir des années 90, la quarantaine venant sans doute, qu'elle laissera de plus en plus de morceaux de chair et de cartilages sur la table d'opération...

Victoria aujourd'hui. Elle a retrouvé son tour de poitrine d'origine on dirait...

Je ne ferai aucun commentaire.

Je dirai juste que lorsqu'on a été belle une fois, et surtout à ce niveau-là, on est belle pour toujours.

9 commentaires:

  1. Je me souviens d'un passage marrant dans la série elle nageant dans la piscine (sur le dos bien sûr) et J.R et Sue Ellen sur les transats au bord.
    Rappelons nous que J.R la déteste pour sa filiation...
    Sue Ellen fait des mots croisés et demande à J.R "ronds en 7 lettres" et lui tout en regardant Pam nager "ballons" :-)
    Ah J.R et les femmes.

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    1. Je me souviens de cette scène. Plusieurs fois il a essayé de se la faire. Qui ne tenterait pas sa chance d'ailleurs?

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  2. La scène de disco est mémorable. Bienvenue à Plouc land.

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    1. :)

      Et encore, on a sauvé les meubles car Vic est habillée sobrement dans cette scène. Pull blanc, ça sera toujours à la mode ça. Mais Dallas recèle des pépites d'horreur à propos des fringues et du mauvais goût en général. Des cols "pelle à tarte", des costards et pantalons à carreaux, des coupes ébouriffées pour les mecs... Les quatre premières saisons de Dallas sont monstrueuses là-dessus et donc formidables.

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    2. C'est pas tellement les fringues, j'ai toujours été tolérant là-dessus car elles sont la marque du temps. Peter Parker avec ses médailles dans les 70's c'était pas triste non plus, il a même emballé MJ avec ça une fois. Et ses futals aussi, merveilleux. Pourtant paradoxalement je trouve que ça a moins vieilli que les épisodes des années 90, avec le mulet, les fuseaux de MJ, etc...
      Non c'est pas les fringues, c'est l'attitude, l'ambiance globale. Regarde Patrick Duffy, il est énorme. C'est un bon acteur d'ailleurs, il incarne totalement le gros gros beauf texan blindé de fric mais qui retourne l'assiette pour manger le fromage. Il est parfait.

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    3. Ah les colliers et médailles de Parker, j'avais oublié ça... J'ai grandi avec ça car, à cause du décallage entre les USA et le France, on se tapait des épisodes vieux de plusieurs années dans Strange. On avait beau être en 1979 ou 80, Spider-%Man était toujours en 1976... Et que dire des modes comme celle de Bruce Lee par exemple qui firent que Spidey (et d'autres super-héros) durent se bastonner contre des chinois 5e dan de karaté?
      Pour le look années 90 de Parker, on pense pareil. Quant à Patrick Duffy, quand je pense à lui, je le vois surtout en Homme De L'Atlantide, série que j'ai pu retrouver en intégralité voilà quelques années mais que je n'ai pas pu regarder en entier. Ça a assez mal vieilli. Ça me donne une idée ça tiens...

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    4. J'aime tjs l'Homme de l'Atlantide. Dans les années 80 les obsessions de Miller, que tu relis donc en ce moment, ont mis une sacrée dose de karaté et de ninjas dans le comics moyen ... Les 90's, toujours elles, ne s'en remettront pas ...

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  3. Un grand merci pour ce très bel hommage à Victoria Principal !
    Je suis fan (mais à mon niveau rien de sexuel ! ;-) ) depuis que je l'ai vu dans DALLAS en avril 81 (moi j'avais 13 ans). J'attendais également à chaque épisode les scènes où elle apparaissait). En effet, de saison en saison, son look était de plus en plus "étudié" et donc elle était de plus en plus rayonnante !
    Et très belle analyse sur le temps qui passe pour tout le monde et de la dictature de la beauté (surtout à Hollywood) et du fait que je suis d'accord : quand on aime quelqu'un c'est pour toujours (elle reste dans notre cœur) même si cette personne a du caractère et que physiquement elle n'est plus la même (vieillesse et chirurgie) !

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  4. Merci pour ces lignes et ces photos qui m'ont rappelé de très bons souvenirs en famille.

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