jeudi 2 avril 2015

VITRINE CASSÉE, CH'UIS DEGOUTÉ, VITRINE FOUTUE, ROUQUINE EN VUE...

3615 MYLIFE. J’ai de gros travaux de réhabilitation et de ravalement dans mon immeuble depuis la mi 2014. Quand je dis « gros », c’est « gros ». Tous les logements ont été passés à la moulinette. Destruction puis reconstruction de la cuisine, des toilettes et de la salle de bain, façade et fenêtres démolies, ajout d’un balcon, stores électriques, salon intégralement refait etc. Et je ne parle même pas des parties communes. Un truc de fou.

Pour les logements, c’est terminé depuis peu. Ce fut un beau bordel qui a duré plus de six mois au cours desquels j’ai souvent mangé le soir sur un coin de table bâchée et fait le tour du monde sans bouger de chez moi de par la multitude d'ouvriers qui s'y sont succédés. Roumains pour la plomberie, pakistanais pour le plâtre, indiens pour la peinture, africains pour le balcon, turcs pour l’électricité... Seuls les chefs sont et parlent français. Que deviendrait le bâtiment sans la mondialisation et le dumping social ?

Petit à petit, j’ai vu mon appart changer de gueule et regagner en jeunesse et fraîcheur. Il en avait besoin. Profitant de ce lifting gratuit, j’ai également viré tous mes vieux meubles moches et démodés, mon canapé déglingué, même mon énorme télé de 40 kg, encore à tube, pour composer un nouveau chez moi avec l’aide de la Rouquine puisqu’elle prend pension depuis quelques temps…

C’est très bizarre de se retrouver dans un appart neuf et vide. J’avais l’impression d’avoir été saisi ou d’avoir déménagé alors que j’étais toujours chez moi. Curieuse sensation. Mes repères sensoriels étaient bouleversés. Le moindre bruit résonnait. Avec la baie du balcon, je suis inondé de lumière désormais et quel espace surtout ! On aurait pu jouer au foot !
Mais la nature a horreur du vide et, même si je suis assez minimaliste question ameublement, il fallait quand même parer au plus pressé parce que bouffer debout ou dans la chambre devant le PC, bon... Et qui dit meuble à acheter dit Ikea.

En furetant sur le Net, j’ai pu m’apercevoir à quel point la décoration intérieure en général était quelque chose de cher. La moindre table coûte la peau des fesses. N’ayant pas vraiment de fric à dépenser dans du luxueux, et après avoir écarté la solution Conforama pour cause de mauvais goût intense (Valérie Damidot est chef de rayon chez eux, c’est évident !), je suis allé directement chez nos amis suédois. Certains diront que je vais avoir les mêmes meubles que des millions d’autres. Qu’importe ! Je ne suis pas un hipster pour qui la démarque et l’élitisme snob sont la priorité ultime afin d’épater ses copines moustachues. Je voulais du fonctionnel avant toute chose.

Il fut un temps où, lorsque j’allais chez Ikea, je ramenais tant bien que mal mon matos moi-même. Les reviews des deux vitrines Detolf en 2011, voir ici, ou de la bibliothèque Billy de 2013, voir , l’attestent. Mais ce temps est révolu. C’est bien trop fatiguant et contraignant. On a pourtant tenté le coup encore tout récemment avec la Rouquine, mais rien que de se saisir d’un des cartons dans l’entrepôt d’Ikea et de sentir nos vieilles douleurs dorsales et musculaires se réveiller d’un seul coup, non, c’était pas possible. Ce n'était plus possible ! Au-delà de 20 kg à porter, c’est devenu too much pour moi, même à deux. Je deviens vieux. Alors autant les commander en VPC et payer 100€ de plus de frais de livraison. C’est pas donné, c’est clair, mais au moins on ne mettra pas 4 jours à se remettre de la fatigue, sans parler du stress, d’une éventuelle panne d’ascenseur ou tout simplement d’un démontage de dos en règle.

Deux grosses commandes furent faites en un mois. Table, chaises, étagères, biblio, canapé, luminaires etc. La totale. La première fut parfaitement réceptionnée. Pour la seconde, je m’accordais un bonus gourmand en commandant une vitrine Detolf, la 5e pour moi, que je mettrai dans le salon, chose que j’avais toujours refusée de faire avant mais là, avec tous ces changements, why not ?
A ce propos, Ikea livre les Detolf désormais, en deux cartons séparés. C’était encore chose impossible en 2011. Sans doute que cela vient du fait que ces vitrines ont flambé question tarif. On est passé de 45€ en 2011 à 75 désormais. Inflation ? La bonne blague...
Notez également que la couleur « hêtre » de ces vitrines n’existe plus, c’est blanc ou noir maintenant. J’ai opté pour le noir, un peu à contrecœur. Le hêtre aurait été plus en harmonie avec ce que j’avais déjà commandé comme ameublement. Bah, le noir, ça va avec tout et je pourrai toujours en prendre une de ma chambre, qui sont toutes de cette teinte, et la remplacer par la noiraude si vraiment ça ne me plaisait pas.
Bref ! Commande, paiement, livraison programmée le 27 mars. Il n’y avait plus qu’à attendre.

Le 27 arriva très vite, après le 26 et juste avant le 28 si je me souviens bien… S’ensuivit une matinée d’attente fébrile, puis un coup de fil vers 13h. Les livreurs m’expliquèrent, avec un fort accent méditerranéen, qu’ils arrivaient. Je descendis pour les guider à travers le bordel d’échafaudages qu’il y a et qu'ils trouvent la minuscule entrée provisoire pour monter chez moi en attendant le méga sas sécurisé que les ouvriers vachement bigarrés sont en train de construire…
Je vois arriver mes livreurs. Deux mecs, maghrébins. Salutations. De suite, ils me demandent s’il y a un ascenseur. Je leur réponds que oui. Je les sens soulagés. Mais même comme ça, c’est encore loin d’être facile. Ils sortent de leur van mes 7 volumineux cartons. Tous semblent être TRES lourds à voir comment ils en bavent pour les manipuler. En voyant ces deux pauvres coolies, je m’imaginais en train d’en chier à ramener ça tout seul. Même à deux, c’était mission impossible et je me disais que ces 100€ de frais de livraison étaient largement rentabilisés.
Après plusieurs voyages, tout est enfin chez moi. On passe à l’administratif. Papier à signer, la date, état des colis, je regarde vite fait, tout semble intact, alors je marque « bon ». Autographe, au revoir et la (nouvelle) porte qui se referme. Je souffle. Le plus dur était passé. Enfin, je le pensais...

Commençant à trier un peu tout ça, je remarquais que l’un des paquets, debout posé contre le mur, était musical. En effet, il produisait à intervalles irréguliers un léger bruit semblable à un froissement de scotch ou de papier cellophane. Tchkctchhhk… Curieux. Je mis ça sur un changement de température. Je me remis donc à mon déballage puis au montage d’un des premiers meubles. Mais au cours d’une pause, je constatais que le paquet sonore continuait son solo. Vraiment bizarre ça ! L’inspectant, je vis que c’était l’un des deux cartons contenant la Detolf. Et là, le flash ! Non, c’est pas vrai ! C’est pas possible que ça soit ça !? Je couchais le colis puis l’ouvrais dans la foulée. Dedans, la première plaque, figurant la porte de la vitrine, était intacte. Mais de suite, je vis quelques petits bouts de verres se balader. Je soulevais la porte, puis écartais une grande feuille de papier, pour découvrir l’autre paroi dessous. En miettes ! La preuve avec cette photo cauchemardesque prise à ce moment précis.


C’était ça le bruit que j’entendais, les bouts de verre qui se détachaient et la plaque qui perdait sa cohérence. Le verre de cette vitrine est traité de telle façon qu’en cas de bris, il pète en des milliers de petits morceaux. On évite ainsi les grands morcifs coupants ultra-dangereux. Le sticker rond vert marqué d’un « S » montrait en plus que cette paroi brisée était celle du fond de la vitrine, quasiment le truc le plus porteur. Autant dire que cette vitrine était foutue.
Dégoûté, je me demandais quoi faire. Me plaindre à Ikea ? Ils peuvent dire que je l’ai pétée tout seul pendant le montage et que je cherche à me faire rembourser. La bonne foi, on n’y croit plus de nos jours et ma photo ne prouve rien. De plus, ils peuvent aussi dire que c’est la faute du transporteur et d’aller voir vers eux. Le même transporteur peut rétorquer qu’ils n’y sont pour rien et que c’est Ikea qui a filé une vitrine vérolée dès le début. Chacun peut se renvoyer la balle avec moi au milieu en guise d'arbitre de chaise. Double faute. Et cherry on the cake, j’ai certifié sur le papier que les colis étaient bons. J’aurais dû les ouvrir devant eux, mais il y en avait tellement… Je n’y ai même pas pensé d’ailleurs.

Racontant ça à la Rouquine, elle m'expliquait avoir eu la même histoire et que c’était pas trop la peine de contacter Ikea pour ça. J’étais bon pour me mettre ma vitrine brisée dans le fondement, et la poudre de verre, on sait que c’est douloureux, quand ma douce moitié m’annonça qu’elle avait elle-même pété une Detolf pendant son dernier déménagement et qu’elle avait conservé à la cave ce qui était encore bon. L’espoir renaissait ! Mais voilà, quelle paroi avait-elle pété ? La porte ? Les côtés ou tout simplement celle du fond qui me manquait tant ? Elle ne savait plus, il fallait qu’elle cherche. Ce qu’elle fit. Et ce fut un miracle ! Elle avait une vitre du fond intacte, le sticker rond était la preuve ultime.

Dimanche après-midi, une taxi girl rousse se pointa dans sa voiture, attendit qu’un porteur, qui avait pourtant juré qu’il ne porterait plus rien de lourd, descende de son immeuble en construction pour venir se saisir dans le coffre d’un gros carton assez dense, le remonter chez lui et revenir chercher sa rouge après qu’elle ait trouvé une place de parking. 10 mn intenses pendant lesquelles le stress se mêle à l'excitation. Un cocktail détonnant.
La vitrine fut montée dans la foulée, à deux, non sans quelques transformations en Hulk de ma part. Ces putains de tiges en plastique sur les côtés sont bien trop serrées quand elles sont neuves… Mais ce fut tout de même fait. Enfin, ma vitrine était complète ! Elle revenait de loin.


Quelques jours après cette histoire, j’ai reçu un mail du transporteur me demandant si la livraison m'avait donné satisfaction. Vous savez, le truc classique du retour-client. Je n’ai même pas répondu. L'affaire était classée pour moi et je ne voulais pas non plus incriminer les deux livreurs car une plainte de ma part et ils auraient morflé. Leur boulot est déjà bien assez ingrat comme ça et ils y sont sans doute pour rien en plus.
Quand j'ai descendu le puzzle de verre à la poubelle le lendemain, je ne vous raconte pas le bruit lorsque les bouts sont tombés dans le fond du carton...

Si vous voulez vous faire livrer une vitrine Ikea, souvenez-vous de deux choses. Que le verre, c’est fragile. Mais aussi que les deux cartons font plus de 22 kg chacun. Vous avez le choix. Soit vous allez la chercher vous-mêmes, et vous prenez le risque de vous péter le dos. Soit on vous la livre avec le risque que ça soit elle qui soit pétée… Le mieux est d’avoir une rouquine !

3 commentaires:

  1. Merci d'avoir prévenu, c'est bath !

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  2. Un plaisir à lire comme toujours même pour un coup de pas de bol. Je ne savais pas que les Detolf étaient en deux colis maintenant. C'est l'explosion de leur prix qui m'a refroidi pour en reprendre une.

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  3. quand tu sais qu'elles sont à 59$ canadien y a une sacré différence de prix

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