mercredi 27 février 2013

MARVEL AMAZING SPIDERMAN FINE ART STATUE - KOTOBUKIYA

J’ai vu cette statue de Spider-Man débarquer en preview. Elle n’était pas mal mais je trouvais qu’il y avait beaucoup trop de socle à mon goût. Les commentaires sur son post de pub en témoignent encore. C’est vrai, on achète ça en s'attendant à une statue du personnage et on s'aperçoit que la vedette, c'est le socle. Y'en a que pour lui. Il est là, immense, il trône et masque le héros. C’est comme les artichauts, il y a beaucoup de trucs inutiles dedans. On se sent volé. Ça ne me plaisait donc pas des masses.
Or, je me suis aperçu que la plupart des autres marques donnant dans les statues de Spider-Man, Sideshow et Bowen, glissaient toujours un socle de ce genre, un mur, un pilonne etc. Et les rares statues du personnage sans étaient peu crédibles. Des poses « museum » comme on dit, debout, les bras le long du corps, ternes. C'est bon pour des sauvages de tribus qu'on a empaillés pour le musée d'histoire naturelle ça. Le seul avantage de cette pose, c'est que c'est facile à caser dans une vitrine. Mais quand même, j'aime un certain mouvement.
J’ai donc commencé à réviser mon jugement sur ces statues à socle. Ces décors permettent à Spidou de se déployer et de donner un truc assez dynamique finalement. Et c’est aussi bien car le personnage est loin d'être tétraplégique.

Spider-Man ne fut probablement pas le premier clown costumé que j’ai connu dans ma vie, je pense que c’était plutôt Superman, mais cette bonne vieille araignée a dû le suivre très vite. Je n’ai jamais été fan accro à Spidey même si je l’ai lu pendant des années, un peu par défaut vu qu’on le retrouvait partout ou presque (Spidey, Strange, Nova, Special Strange, album trimestriel etc.) Et puis il y avait le dessin-animé aussi, qui nous accompagna à la fin des années 70.
Autant le péquenot monté à la ville qu'était Clark Kent me gonflait, autant je prenais plaisir à lire les aventures civiles de Peter Parker. Une fois son costard fait-main au placard, il redevenait un jeune comme les autres, banal, et plutôt loser. Il se prenait lui-même les pieds dans le tapis, la moindre de ses bonnes actions lui retombait dessus, avec les filles c'était pas évident, son patron lui gueulait dessus, il n'avait pas d'argent etc. C’est ce qui a fait, je crois, son succès mondial : le fait que le lecteur puisse s’identifier à lui. Parker était le super-héros qui nous ressemblait le plus. Kent était un 'humain" bien trop lisse pour susciter le moindre intérêt tant qu'il n'avait pas sa cape sur le dos.

Spidou a toujours été présent sur ce blog, en particulier sous forme de petites figurines, mais jamais en statue. Je me disais qu’un jour, ça arriverait bien. J’y pensais mais c’est comme tout, il fallait tomber sur le bon modèle. Ça pouvait prendre du temps… Je me suis laissé tenter par celle-ci, éditée par Kotobukiya. Les différentes reviews américaines m’ont convaincu de sa qualité. J’avais raison.

38 cm de haut.

2085 gr.

La toile, source de léger stress pour moi au début. On revient dessus plus bas.

Y'a du socle...

C'est un Spider-Man très fin des années 80, début 90, qui est proposé ici, quand McFarlane, puis Larsen, le reprirent en main.

Un Spider-Man très athlétique tout en restant fin et gracieux. "Musclé sec" comme disent certains.

Quand je vois une semelle comme ça, j'imagine de suite un trou dedans. L'influence des très vieilles BD...

Peinture bleue brillante, ça fera toujours son petit effet.

N'est-ce pas?

On devine le point d'ancrage de la statue au socle. On revient dessus pour le montage.

Y'a du muscle.

Du rouge comme ça + du flash, ça sature très vite...

TZZZZIP !

Le socle, parlons-en en faisant le tour. De face.

Un côté.

Deux côtés.

Verso. Ça m'a rappelé une couv' d'un album d'ailleurs. En cherchant un peu, j'ai trouvé et c'est vrai que ça ressemble à l'album Top BD Esprits De La Terre. Un bouquin que je n'ai jamais lu. Je ne l'avais pas acheté à l'époque.

Lorsque McFarlane reprit Spider-Man en main à la fin des années 80, il faut bien savoir que cela faisait plus de 20 ans qu'il avait la même gueule. Même chose pour Parker, qui conservait son look 60's. Romita avait tellement marqué son époque que les autres dessinateurs lui succédant ne faisaient que copier son style et reprenaient scrupuleusement le dressing code et le reste. McFarlane s'affranchit de tout ça et se lança dans un relookage de Spider-Man. Il lui agrandit d'abord les yeux.

Puis il en fit une sorte d'acrobate "mou" quand il se balançait. C'est vrai, on croyait voir un mec sans squelette et que son corps se tordait dans tous les sens à chaque mouvement, comme du caoutchouc.

Il augmenta également la musculature de Spidou, sans en faire une armoire à glace non plus. Une sorte de boxeur poids plume ou un danseur professionnel. On rigole de ces mecs avec leurs collants moule-burnes mais ce sont de véritables sacs de muscles.

Enfin, il développa le concept de la toile "spaghetti", avec des tas de fils s'entrecroisant. Ça devait lui prendre du temps de dessiner tout ça, à moins que quelques larbins ne s'en chargeaient à sa place.

Avec ce nouveau Spider-Man, McFarlane vendit des millions de comics, chose extrêmement rare. Spidou était reparti pour des années.

Tout de même, quand on relit les épisodes de la période McFarlane, autant Spider-Man ça passe, autant Parker et Mary-Jane sont datés. Voilà ce qui se passe quand on veut faire coller ses personnages à une époque donnée... Parker avec une sorte de mullet, Mary-Jane et ses fringues à losanges ou ses fuseaux, franchement...

Enfin bref, ça reste le témoignage d'une époque.

On a peu parlé de cette statue dîtes donc! Les photos vous convaincront bien plus que mon blabla je pense. Pour moi, c'est une totale réussite.

Il en reste encore.

A l'arrivée.

Le logo années 60.

Verso.

Open.

Extraction.

Ouverture.

Le contenu.

Attaquons-nous au montage de l'acrobate.

On lui enfiche sa hanche artificielle dans le socle.

On passe à la toile. Alors là, j'ai eu un peu peur au début de tomber sur une toile en die-cast ou en plastique rigide. Pendant un moment, j'étais bien emmerdé car j'avais peur que ça me pète dans les mains. J'essayais de l'installer sans trop la bouger et encore moins la tordre et c'était pas évident. Et finalement, je me suis aperçu que cette toile était flexible. C'est du fil de fer recouvert, du bendable! Ça m'a ôté un poids de l'estomac et cela m'a bien arrangé. Avec ça, libre à vous de donner le mouvement que vous voulez à votre toile.

Second morceau à fixer, celui qui dépasse de la main.

Le bout de la toile se fiche dans un petit trou dans le socle, il faut avoir l'oeil.

Enfin, la toile jaillissant du poignet.

Pas difficile à fixer. Voilà, votre Spidou est complet et prêt à être exposé. C'est à ce genre de statue que l'on voit les progrès de Kotobukiya ces dernières années, en proposant des pièces de très bonne qualité à des prix raisonnables. Elle trône aux côtés de quelques uns de ses copains, j'en ferai une photo prochainement tiens. A noter que cette statue est conçue pour former un diorama avec une seconde, celle de Venom, prévue pour cet été.

8 commentaires:

  1. Je la trouve affreuse, je déteste le travail de McFarlane et la réalisation de la statue elle-même me déplait. Mais tu as droit d'avoir mauvais goût.
    Vrai pour Buscema, vrai aussi pour McFarlane tout ça ! Comme le premier, le second a marqué son époque et les Larsen et les Bagley qui ont suivi se sont tous inscrits dans la continuité de MCF.
    Pour ce qui est du personnage, Spidey c'est l'anti-Superman et l'anti-Batman. Et c'est le contrepied du superhéros ! En effet, l'on croit souvent qu'un superhéros c'est un personnage avec des capacités remarquables, qui met un costume pour protéger son identité secrète. Pourtant quand on prend les deux "prototypes" Batman et Supes, on constate que c'est strictement l'inverse : ces deux héros font "semblant" lorsqu'ils sont Wayne et Kent, ce ne sont que leurs personna, leur "vrai" moi c'est le héros. Pete c'est bien l'inverse : il met un masque mais reste toujours Parker, jouant les comiques parce qu'il est mort de trouille. C'est toute la force du personnage encore aujourd'hui 50 ans après sa création.

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    1. Très juste. On sent même que la double identité de Batman et Superman est un fardeau pour les scénaristes. Ils bâclent ça vite fait. Wayne va gérer quelques trucs de milliardaires, Kent va écrire un papier sur le chauffage dans les maisons de retraite, pffff... Allez, hop! Vite, qu'ils mettent leurs costumes et sauvent le monde! Pour Spider-Man, c'est différent. Parker est comme tous les geeks qui ont morflé pendant leurs études, ils veulent qu'on les aime. Mais il n'en a pas le courage de le faire à visage découvert. Quand il met sa cagoule, il se planque derrière et là, il se lâche. Mais là aussi, je le trouve très proche du lecteur. Les fans de comics ont parfois morflé à cause de leur passion, l'identification se fait encore plus facilement.

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    2. Juste. C'est le genre de gars qui a imaginé Superman et la boucle est bouclée.
      D'ailleurs, pour revenir sur le dernier opus cinématographique des aventures de l'Araignée, je crois que c'est ce qui n'a pas collé pour nous. Au fond le concept du personnage est le même, un adolescent qui se découvre des pouvoirs. Simplement, être adolescent aujourd'hui ... ce n'est pas être ado dans les années 80 ou 90 ! Du haut de nos 35 ans +, on regarde le Spiderman de ce flim comme on regarde tous les gens de cet âge : comme des morveux. On a vieilli, alors qu'on s'était promis de ne pas devenir des vieux cons on est en plein dedans. Il faut se résoudre à admettre que ce n'est plus "notre" Spidey ...
      D'ailleurs j'y songe : aujourd'hui l'industrie du comics représente une somme DÉRISOIRE pour la Marvel comme DC, ce sont les flims qui rapportent, et par centaines de millions de dollars. On peut même parler de milliards. Comparé à cet enjeu, les envies de quelques milliers de lecteurs ne pèsent pas lourd. A terme il faut se résoudre à ce que le médium papier des aventures de nos héros, soit disparaisse (mais je ne pense pas tout de même) soit devienne purement virtuel (PDF à télécharger, et/ou éléments de réalité augmentée intégrés, et ça me semble déjà bcp plus probable) mais surtout, surtout, qu'il soit totalement formaté à l'univers cinématographique. Pour l'instant on a (plus ou moins) échappé au pire suite à des coups de bol énormes. Exemple : il était prévu que le flim sur DD redéfinisse le dress code du personnage dans les comics. Heureusement le flim a fait un flop et l'idée abandonnée (même si l'on a eu droit à un Tireur avec une cible scarifiée sur la tête à un moment) ce qui a évité que nos enfants grandissent en lisant les aventures de Daredevil le pédé cuir (je sais que tu n'as pas détesté le flim mais ce costume .... Brrrrr !!!). Mais néanmoins chaque année Stark ressemble davantage à Downey Jr et il y a peu Nick Fury de l'univers mainstream (le blanc donc, celui qui ressemble à Schwarzy) a été remplacé par un tour de passe-passe par un black clone de Samuel L. Jackson, rejoignant ainsi à la fois les versions ciné et l'univers Ultimate.

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    3. C'est toujours fascinant de retomber 2 ans plus tard sur sa propre prose et de se rendre compte à quel point on avait raison avant tout le monde ...

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  2. Tiens je viens de nous relire ... Buscema ? ROMITA !!! Bonjour le lapsus.

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    1. Ah oui merde, je les ai toujours confondus, croyant que l'un est l'autre. Je corrige, merci.

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    2. Parce qu'il y a les frangins Buscema et le père et le fils Romita, sans doute.

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  3. Cette statue n'est pas géniale pour moi. Le style Mc Farlane, c'est le début de la fin pour moi: personnage de spidey rachitique et musculeux, style manga jap, des mains géantes, un visage anguleux...C'est la fin de l'âge du bronze des comics.Cependant, il faut reconnaître la prouesse artistique de cette statue: équilibre, dynamisme et souplesse.
    NB: le bleu électrique est à chier!

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